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rencontreNicolas Huchard chorégraphie "La Légende de Monte-Cristo"

Par Florian Ques le 14/01/2026
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[Portrait à lire dans le magazine têtu· de l'hiver, disponible chez vos marchands de journaux ou sur abonnement.] Après avoir fait danser les plus grandes stars de la planète, Nicolas Huchard se tourne vers la comédie musicale : il chorégraphie La Légende de Monte-Cristo, nouveau spectacle musical qui démarre le 27 janvier au Dôme de Paris.

Photographie : Matthieu Croizier pour têtu·

Madonna, Lady Gaga, Angèle, Aya Nakamura… Le tableau de chasse de Nicolas Huchard n’est plus à faire : à 37 ans, le chorégraphe français a fait danser les plus grandes, que ce soit sur scène ou dans leurs clips vidéo. Il lui fallait donc un nouveau défi à la hauteur de sa carrière ; c’est chose faite, puisqu’il s’est vu confier la conception des chorégraphies de La Légende de Monte-Cristo, la nouvelle comédie musicale événement présentée au Dôme de Paris à partir du 27 janvier 2025, puis en tournée dans toute la France.

Une aventure qui n’allait pas de soi : "J’ai longtemps fui les comédies musicales, confie-t-il avec un petit sourire quand on le retrouve pour un café dans le 20e arrondissement de la capitale. J’ai fait une école de danse où on étudiait principalement ce genre, et je dois dire que j’en ai vite eu ras le bol !" Si ce projet l’a fait renouer avec la comédie musicale, c’est d’abord parce que son affection pour l’œuvre d’Alexandre Dumas ne date pas du triomphe, l’an dernier, de l’adaptation de Monte-Cristo au cinéma, avec Pierre Niney dans le rôle-titre. C’est aussi parce qu’on lui a donné carte blanche sur toute la partie dansée du spectacle.

Nicolas Huchard et la danse

Avant toute chose, trois jours d’auditions intensives ont été nécessaires pour dénicher les huit artistes qui la porteront. "J’ai beaucoup de critères, admet-il. En plus de la technique, il faut qu’ils puissent apprendre les mouvements rapidement et retenir des directives précises qui peuvent vite changer ; ça demande une grosse capacité d’adaptation." Sans négliger le plan humain, qui compte dans une vie de troupe : "Il est indispensable que ce soit des personnes ouvertes d’esprit qui aient envie de partager des mois ou des années avec un même groupe. Pour une personne solitaire, ce type de projet serait compliqué." À lui, ensuite, une fois le casting arrêté, de s’adapter à son tour aux danseurs sélectionnés : "Je leur pose beaucoup de questions, et je m’inspire de leur vécu pour créer, car il est impossible de renvoyer une émotion à un public si tu ne l’as pas déjà ressentie."

Cet attachement à l’échange, et plus largement à l’expression des sentiments, il le doit à sa famille, dans laquelle il a grandi aux Ulis, dans l’Essonne. "Je suis très proche de ma mère, de mes frères et sœurs. Nous passons énormément de temps ensemble, confie-t-il. Je me suis toujours senti enveloppé d’amour et de bienveillance au sein du cocon familial". D’ailleurs, c’est en famille qu’il a appris à aimer la danse. "C’étaient des moments de rassemblement où on s’amusait, on ­rigolait, on communiquait à travers le mouvement", se souvient-il. Contrairement à ses frères passionnés de ballon rond, le jeune Nicolas préfère le ballet. "J’avais besoin de me démarquer d’eux", retrace-t-il aujourd’hui.

Un joli moyen, au passage, de déjouer les injonctions à une masculinité rigide, cloisonnée et étouffante. "Je ne me suis jamais senti raccord avec la définition d’homme que la société me donnait, développe-t-il. Aujourd’hui, j’arrive à prendre du recul face à ces pressions autour de la virilité et je dirais même que ça m’inspire." De quoi, pourquoi pas, nourrir un spectacle sur sa propre histoire : "La prochaine étape, c’est de parvenir à me raconter."

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