musiqueDavid Bowie sur Arte : un docu inédit et des reprises de haut vol

Par Laure Dasinieres le 16/01/2026
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Dix ans après la mort de l'artiste aux mille visages, Arte livre un regard inédit sur un David Bowie vieillissant en quête de réinvention, et invite des artistes singuliers à reprendre ses titres phares. Un hommage touchant.

Voilà déjà dix ans que David Bowie est mort. Pour l’occasion, la chaîne Arte lui consacre une programmation spéciale ce vendredi 16 janvier à partir de 22h30. Avec d'abord un documentaire : David Bowie, dernier acte, également disponible sur arte.tv. Si l’on se souvient bien de l’icône glam des années 70, le Bowie d’après "Let’s Dance" (1983) est moins connu de la mémoire collective : à partir d’images d’archives et d’entretiens avec ses proches et collaborateurs, le réalisateur Jonathan Stiasny revient sur cette partie de la vie de l’artiste britannique.

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Sans réduire son parcours à l’album Blackstar, sorti deux jours avant la mort de Bowie le 10 janvier 2016, le film montre un artiste en perte de vitesse, engoncé dans un succès et une image dans lesquels il ne se reconnaît plus. Bowie quadra n’est plus Ziggy, s’ennuie et s’imagine pouvoir se dissoudre dans Tin Machine, un groupe de métal largement vilipendé par la critique à l’époque. En vain : la presse comme le public attendent de lui qu’il demeure ce qu’il a été, et ne lui pardonnent pas de vouloir s’extraire de son statut de superstar. Hanté par la peur de devenir ringard, ce sont alors des années de dépression qui s’ouvrent pour lui selon les dires de son ami, l’écrivain Hanif Kureishi dont Bowie composa la bande-son de l’adaptation du Bouddha de Banlieue

Dans les années 90, c’est avec les musiques alternatives issues de la culture rave (techno, jungle, indus…) que le Thin White Duke trouve un moyen de réinvention en marge du mainstream. Il collabore alors notamment avec Moby et Goldie. Pour une partie de la critique, l’ensemble sonne creux et forcé. Cette période témoigne pourtant de l’attrait d’un Bowie désormais quinquagénaire pour la nouveauté et les subcultures.

David Bowie ne meurt jamais

Malgré ce bide relatif, son image n’est pas ternie. Le public est au rendez-vous lors d’une prestation mémorable au festival de Glastonbury en 2000, que le documentaire présente comme un moment de grâce, sinon une énième résurrection. Mais le come-back n’est de courte durée : en 2004, alors en pleine tournée, Bowie est hospitalisé d’urgence pour un problème cardiaque. Il se retire pendant neuf ans jusqu’à la sortie inattendue, le 8 janvier 2013, du mélancolique Where Are We Now ?. Pile trois ans plus tard, l’artiste sort Blackstar, son album-requiem enregistré dans le plus grand secret incluant le prophétique "Lazarus". Il meurt deux jours plus tard. 

À vouloir trop montrer, David Bowie, dernier acte perd parfois de vue son sujet – également traité par Alexander Larman dans sa biographie à paraître le 3 février, Lazarus: The Second Coming of David Bowie. Il livre néanmoins, sans chercher la mythification, un portrait sensible et honnête d’une rock star vieillissante mais toujours affûtée, offrant un regard neuf sur un artiste qui continue, dix ans après sa mort, d’inspirer des générations d’artistes. 

Ces générations d’artistes, Arte les met aussi en lumière avec Heroes Never Die, également disponible sur la plateforme arte.tv. Entre live et documentaire, les réalisateurs français Thierry Gautier et Sylvain Leduc ont proposé à des artistes plus ou moins jeunes (The Molotovs, Anna Calvi, Jeanne Added, La Roux, Peter Doherty et Carl Barât, The Divine Comedy…) de reprendre des titres phares de David Bowie, de "Starman" à "The Man Who Sold The World" en passant par "Rock'n'Roll Suicide" ou "Heroes", et de témoigner de l’influence qu’il a eu sur leur musique. Un hommage classieux, qui parlera aux fans comme aux plus jeunes découvrant Bowie. 

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Crédit photo : Arte