cinéma"Pédale rurale", portrait sensible d'un homme gay à la campagne

Par Mathilde Carvalho le 03/03/2026
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Avec sa caméra, Antoine Vazquez a suivi pendant trois ans Benoît, un homme gay vivant au cœur de la Dordogne. Avec Pédale Rurale, il signe un documentaire touchant et optimiste à découvrir au cinéma ce mercredi 4 mars.

Après un premier court-métrage (Et des ruines que tu me laisses) récompensé en festivals, le réalisateur Antoine Vazquez s'est entretenu pendant trois ans avec Benoît, un homme gay vivant en milieu rural. Il en tire Pédale rurale, en salle ce mercredi 4 mars, un documentaire où l'on découvre le cheminement de ce protagoniste qui, d'une flamboyance assumée uniquement dans le secret de son foyer, apprend à embrasser publiquement son identité. 

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Mais Pédale Rurale n'est pas que le portrait d'un homo des champs, c’est aussi la rencontre de deux trajectoires gays. Derrière sa caméra, Antoine Vazquez aborde la dimension politique de son orientation sexuelle, quand Benoît évoque surtout le cocon qu’il s’est fabriqué au cœur de la nature et dans lequel il peut être lui-même, en toute sécurité. Cette différence de posture entre les deux hommes est révélatrice : vivre son homosexualité ne se fait pas nécessairement de la même façon, et n’a pas les mêmes implications, selon l’environnement dans lequel on vit.

Désigné très tôt par son entourage comme marginal, Benoît s’est d’abord appliqué à masquer sa différence. Sa vie amoureuse, son goût pour les robes, les bijoux et la danse, il les vit dans l’intimité de son chez-lui, son "paradis sans concession". Semblant révéler des traumatismes chez Benoît, les premières discussions avec le réalisateur sèment aussi les graines discrètes d’une émancipation à venir…

Au fil des saisons, Pédale rurale prend ainsi le temps de suivre l’évolution de Benoît, qui finit par rejoindre un groupe de personnes LGBTQI+ de la région, que le réalisateur filme durant leurs réunions. Une manière de souligner à la fois l’identité unique et les vécus variés de toutes ces personnes heureuses de trouver leur famille choisie. Lorsque le collectif veut s’engager pour organiser la première marche des Fiertés de leur région, c’est un moment clé pour Benoît : au terme d’un long repli protecteur, il doit sortir de sa coquille.

Avec ce documentaire sensible, Antoine Vazquez propose une vision hors des clichés de la vie des personnes queers à la campagne. Si les difficultés sont réelles – la veille de la marche, des inconnus ont saccagé les décors et laissé une inscription homophobe au sol –, la touchante évolution de Benoît témoigne de la possibilité d’une vie queer épanouie et assumée à la campagne, puisant force et joie auprès de sa communauté. 

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Crédits photo : Survivance