cinémaDe "Thelma et Louise" à "Tangerine" : 10 films qui donnent envie de prendre la route

Par Tessa Lanney le 23/04/2026
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À l'instar de Thelma et Louise auquel rend hommage l'affiche du Festival de Cannes 2026, voici dix road movies queers qui donnent envie de partir à la découverte de nouveaux horizons, mais aussi de soi.

Fugue féministe, cavale punk, ou quête identitaire, cette sélection de dix films nous rappelle que pour comprendre les autres et se comprendre soi-même, le plus efficace est parfois de mettre le contact et de rouler à toute berzingue.

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Thelma et Louise

Deux amies de l’Arkansas partent en week-end pour respirer loin de leurs vies étouffantes. Quand un homme tente de violer Thelma et que Louise l’abat, la virée devient une cavale à travers l’Ouest américain. De motels en station-services, les deux femmes découvrent une liberté aussi vertigineuse qu’irréversible. Ridley Scott filme la route comme un territoire de transgression où les codes sociaux se désagrègent progressivement. Une œuvre culte qui a connu de nombreuses relectures queers en raison de la solidarité entre Thelma et Louise et dont la fin, suspendue dans le désert, reste l’une des images les plus radicales du cinéma.

> > Thelma & Louise, de Ridley Scott, disponible sur HBO Max, Apple TV, Canal VOD, Canal+, Prime Video

Tangerine

La veille de Noël à Los Angeles, Sin-Dee, travailleuse du sexe trans récemment sortie de prison, apprend que son petit ami et souteneur l’a trompée pendant son absence. Avec son amie Alexandra, elle traverse Los Angeles pour retrouver sa rivale. Sean Baker (dont le film Anora a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes en 2024) transforme cette course effrénée en odyssée urbaine filmée entièrement à l’iPhone, qui capte les couleurs saturées et l’énergie nerveuse de la Cité des Anges. Un récit hyper vivant sur l’amitié, la précarité et la dignité.

> > Tangerine, de Sean Baker, disponible sur Canal+, Canal VOD, Universciné, Apple TV, Prime Video

Lola vers la mer

Après la mort de sa mère, Lola, jeune femme trans, doit entreprendre un voyage inattendu avec son père, qu’elle n’a presque pas vu depuis sa transition. Ensemble, ils roulent vers la mer du Nord pour disperser les cendres de la défunte. Le trajet devient un face-à-face douloureux entre deux personnes coincées dans un habitacle et incapables de se parler. Laurent Micheli filme le trajet comme un processus de réparation fragile et nerveux. Un road movie pudique qui parle moins de transition que de reconnaissance de l'altérité.

> > Lola vers la mer, de Laurent Micheli, disponible sur Canal VOD, Prime Video, Youtube, Universciné, Apple TV

My Own Private Idaho

Mike, jeune prostitué souffrant de narcolepsie, traverse l’Oregon et l’Idaho avec Scott, héritier rebelle qui fréquente les rues par pure provocation sociale. Leur voyage les mène jusqu’en Italie, à la recherche de la mère de Mike. Entre dérive shakespearienne et poésie de la marge, Gus Van Sant compose un récit fragmenté sur l’errance et l’amour impossible. Dans ce monument du cinéma queer des années 1990, River Phoenix livre une performance bouleversante, comme si chaque kilomètre éloignait un peu plus son personnage du monde.

> > My Own Private Idaho, de Gus Van Sant, disponible sur LaCinetek, Apple TV, Canal+

Et... ta mère aussi !

Deux adolescents mexicains, Julio et Tenoch, invitent Luisa, une femme plus âgée, à les accompagner vers une plage mythique qu’ils prétendent connaître. Sur la route, les confidences se multiplient et les certitudes s'estompent. Alfonso Cuarón transforme ce voyage improvisé en chronique sensuelle et politique du Mexique du début des années 2000. Sous son apparente légèreté, le film explore la fluidité du désir et la fragilité de la masculinité. Tandis que la route devient un révélateur social et intime, la voix off documentaire rappelle que les histoires individuelles s’inscrivent dans celle, plus globale, d'un pays en mutation.

> > Y tu mamá también, d'Alfonso Cuarón, disponible sur Netflix

The Living End

Jon et Luke, deux hommes séropositifs, se rencontrent à Los Angeles et prennent la route après un meurtre commis par l’un d’eux. Leur fuite devient une errance violente à travers l’Amérique, entre bars miteux, motels et explosions de rage. D'une caméra nerveuse, Gregg Araki filme cette cavale comme un geste de survie face à l’Amérique conservatrice de l’ère Reagan. Le film mélange humour noir, nihilisme et énergie punk.

> > The Living End, de Gregg Araki, disponible sur Mubi et Prime Video

Avec ou sans hommes

Jane, chanteuse lesbienne, accepte de conduire Robin jusqu’en Californie pour un nouveau départ. En chemin, elles rencontrent Holly, une femme fuyant un compagnon violent. Les trois prennent finalement la route ensemble, formant une communauté improvisée. Typique des années 1990, Boys on the Side mêle mélodrame et comédie routière. Si la représentation queer reste prudente pour Hollywood, la présence d’un personnage lesbien central et la question du VIH qui survient apportent une dimension politique inattendue. Un bon petit film sur la famille choisie et la sororité.

> > Boys on the Side, d'Herbert Ross, disponible sur Netflix

Wildhood

Link et son jeune frère Travis fuient leur père violent et prennent la route en Nouvelle-Écosse pour retrouver leur mère disparue. Au fil du voyage, Link rencontre Pasmay, un jeune homme mi’kmaq – peuple autochtone de la côte nord-est d'Amérique – qui l’aide à reconnecter avec ses propres origines autochtones et à reconnaître son désir grandissant. Le film initiatique entremêle quête identitaire queer et héritage culturel autochtone et chaque étape rapproche les personnages d’une identité qu’ils avaient apprise à taire.

> > Wildhood, de Bretten Hannam, disponible sur Apple TV, Canal VOD, Youtube, Universciné, Prime Video

The Watermelon Woman

Cheryl, vidéaste noire et lesbienne qui travaille dans un vidéoclub à Philadelphie, décide d’enquêter sur une actrice noire oubliée des films hollywoodiens des années 1930, créditée seulement comme "The Watermelon Woman" (La femme à la pastèque). Entre archives réelles et fiction bricolée, le film suit sa quête identitaire et sentimentale tout en réparant l'absence des femmes noires dans l’histoire du cinéma. À la fois drôle et politique, le film, sorti en 1996, est le premier long métrage réalisé par une femme noire lesbienne aux États-Unis.

> > The Watermelon Woman, de Cheryl Dunye, disponible sur MUBI

Priscilla, folle du désert

Deux drag queens et une femme trans quittent Sydney à bord d’un bus baptisé Priscilla pour traverser l’Australie et rejoindre un spectacle dans le désert. Entre lip-sync d’ABBA, rencontres hostiles et moments de pure camaraderie, le voyage devient une odyssée camp et mélancolique à travers l'arrière-pays australien. À mi-chemin entre comédie kitsch et trésor queer, le film transforme la route en scène géante où les identités flamboyantes se confrontent au paysage le plus viril du cinéma australien.

> > Priscilla, folle du désert, de Stephan Elliott , disponible sur Apple TV, Canal VOD et Prime Video

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