Présenté à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2026, Du fioul dans les artères, premier long-métrage du Français Pierre Le Gall, vise juste avec son histoire d'amour gay dans le monde des routiers.
Voilà un film qui en a sous le capot. Après le joli parcours de Les Belles Cicatrices, son court-métrage d'animation nommé cette année aux César, Pierre Le Gall a présenté à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes son premier long-métrage, Du fioul dans les artères, une romance gay qu'il a située dans un univers rarement exploré au cinéma : Étienne, un routier français, rencontre Bartosz, un collègue polonais…
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Le film s'ouvre pourtant sur un doute quant à son objet, avec la rencontre entre les deux hommes dans un sous-bois bordant une aire de repos, une zone de cruising où intervient la police. "Cette scène de cruising était essentielle car je voulais donner l'impression que le film allait se diriger vers le sujet de l'homophobie, explique Pierre Le Gall quand on le retrouve en terrasse d'un bar de plage sur la Croisette. Je me suis inspiré de L'homme blessé, de Chéreau, avec des lieux interlopes servant de théâtre nocturne. Je savais à quoi le public allait s'attendre, et je voulais désamorcer ça pour les surprendre."
Baiser dans une cabine, c'est difficile
D'homophobie il n'est donc point question ici. Prenant à revers le réflexe du public habitué à cet angle souvent traité, Du fioul dans les artères plonge simplement dans l'amour naissant entre ses deux protagonistes, non contrarié par les interdits sociaux ou leur propre haine intériorisée. Dès lors, le plus gros frein qui pèse sur leur relation est leur travail, usant, et qui les jette sur des routes qui ne se croisent pas toujours. "C'est un film sur l'amour et le temps, deux thèmes qui me fascinent au cinéma, reprend Pierre Le Gall. Quand on passe sa vie à travailler, même quand on fait des boulots passions, quel temps nous reste-t-il à offrir aux gens qu'on aime ?"
Pour matérialiser cette interrogation, le cinéaste joue habilement du décor fourni par son sujet : la cabine du poids lourd, dont les dimensions suscitent facilement un sentiment claustrophobe : "Je ne voulais pas d'horizons ou de grands espaces, je voulais qu'on sente la cabine et le poids de la routine." Quant au choix – parfait – des acteurs principaux, Alexis Manenti et Julian Swiezewski, il s'est naturellement imposé pour respecter le propos du film : "Je voulais filmer des comédiens avec un peu de ventre, des poils, une calvitie, enfin qui ont des corps que l'on connaît." De bitume et de chair, une histoire d'amour à portée universelle.
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Crédit photo : Pan Distribution