politiqueFrançois-Noël Buffet, un opposant aux droits LGBT au poste de Défenseur des droits

Par têtu· avec AFP le 21/07/2026
François-Noël Buffet est le nouveau Défenseur des droits.

Malgré les votes passés du sénateur de droite contre le mariage pour tous ou contre l'ouverture de la PMA, l'Assemblée nationale et le Sénat ont validé la candidature, proposée par Emmanuel Macron, de François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits.

Un opposant aux droits LGBT au poste de Défenseur des droits ? La question paraissait absurde, c'est désormais une réalité. En dépit d'une large mobilisation des associations de défense des droits humains, la nomination du sénateur François-Noël Buffet, proposée par Emmanuel Macron, a été entérinée ce mardi 21 juillet par les parlementaires. Le sénateur conservateur de 62 ans succèdera donc bel et bien à Claire Hédon.

Pour passer la barre du Parlement, la candidature proposée par l'exécutif devait être soumise aux commissions de lois de l'Assemblée nationale et du Sénat. Au terme de deux longues auditions aux échanges animés, la majorité des parlementaires y ont voté en sa faveur (par 43 voix contre 39), a annoncé la vice-présidente de la commission des Lois de l'Assemblée, Sandra Regol. Pour bloquer la proposition présidentielle, il aurait fallu que les votes négatifs représentent au moins 3/5e de l'ensemble des suffrages exprimés dans les deux commissions, soit au moins 50 voix.

François-Noël Buffet dit avoir "évolué"

Pour exhorter les parlementaires à bloquer cette candidature, une vingtaine de militants de plusieurs associations comme Aides, Sidaction, SOS racisme, Act Up-Paris ou l'Inter-LGBT ont déployé mardi matin, dans le jardin du Luxembourg face au Sénat, une banderole clamant : "Défenseur des droits, stop au naufrage démocratique". Auparavant, une pétition en ce sens avait récolté plus de 150.000 signatures, en vain.

Le sénateur du parti Les Républicains (LR), qui se réclame d'un "gaullisme social", est critiqué pour ses positions conservatrices. L'ancien ministre auprès de Bruno Retailleau à l'Intérieur avait notamment manifesté en 2013 contre la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe, puis voté contre l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes en 2021. Plus récemment, il s'est aussi prononcé pour le resserrement de l'Aide médicale d'État pour les sans-papiers, et a refusé de voter la constitutionnalisation du droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

Devant les députés, celui qui a débuté sa carrière comme avocat au barreau de Lyon a affirmé avoir "évolué" sur "un certain nombre de sujets" sociétaux. "J'admets que les choses ont évolué, a-t-il développé concernant le mariage pour tous. C'était une conviction, un doute que j'avais à cette époque-là, sur les conséquences et pas sur le principe." Et de compléter, devant la commission des lois du Sénat, au sujet de l'avortement : "Jamais, au grand jamais, je ne remettrai en cause ce droit absolument fondamental des femmes de disposer de leur corps." Une précision utile, mais dont la nécessité renforce le sentiment d'étrangeté provoqué par cette nomination…

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Crédit photo : Carine Schmitt / Hans Lucas via AFP