"Kitsch et queer", des nus érotiques sur porcelaine

Par Maurine Charrier le 12/08/2026
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À la tête de son Atelier Ero, Ben, 30 ans, couche avec tendresse ses fantasmes sur de la porcelaine. Diplômé d’un master en études de genre, ce Toulousain coquin a sorti la tête des bouquins pour se former, en autodidacte, à l’artisanat.

D’où te vient cet attrait pour la Grèce antique ?

On a tous en tête des images de ces vases de la Grèce antique avec des scènes homoérotiques. J’aime sculpter des formes, des corps, et recréer cet imaginaire en donnant corps à un héritage sensible et tendre.

Pourquoi avoir voulu créer sur des objets ?

Il y a l’idée de laisser une empreinte, une trace unique, souvent imparfaite, mais c’est ce qui la rend belle. Au-delà de la volonté esthétique, j’aime le fait de pénétrer les intérieurs avec des objets du quotidien, comme la vaisselle.

Qu’est-ce qui t’a attiré dans la porcelaine, tu voulais offrir un nouveau service à ta belle-mère ?

La porcelaine est un matériau jugé noble et bourgeois. C’est intéressant de le rendre kitsch et queer. Surtout si c’est pour offrir à sa belle-mère !

Comment est-ce que tu procèdes pour la fabrication, tu achètes ta matière ou c’est du recyclage ?

J’aime chiner des pièces, qu’il s’agisse d’un vase avec du relief ou d’une assiette plus basique, et leur donner une nouvelle vie en créant un objet unique. J’utilise la base des motifs ou liserés déjà existants pour peindre mes dessins, puis je recuis le tout trente minutes au four, le thermostat à 150 °C. Cela permet de fixer l’émail et de rendre la vaisselle utilisable.

Qu’est-ce qui inspire tes créations, c’est le carnet de bal de tes plans cul ?

Mes créations sont intrinsèquement liées à mon identité queer. J’y laisse libre cours à mon imagination, en m’inspirant de Jean Genet, d’Abdellah Taïa, de Nan Goldin, des mythes grecs… et parfois, aussi, oui, de certains de mes propres amants !

Crédits photo : Atelier Ero