interviewChristophe Beaugrand : "J'ai toujours perçu la visibilité comme un devoir"

Par têtu· le 09/09/2026
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Intervenant à UNIQUES, le festival de l'égalité qui vise à rendre les thématiques de l'inclusion concrètes et accessibles à toustes, le journaliste et animateur de radio et télévision Christophe Beaugrand a répondu à nos questions sur l'inclusion et la représentation des personnes LGBT+.

À quel moment tu t'es dis que ta différence pouvait être une force ?

Christophe Beaugrand : Au début, j'ai pensé comme beaucoup que ma "différence", qui n'en est pas vraiment une, allait être une faiblesse et potentiellement un frein dans ma carrière. Et puis j'ai osé assumer mon homosexualité et j'ai choisi de devenir animateur sur la première chaîne gay, Pink TV, il y a plus de vingt ans. J'avais peur d’être grillé, c'était à double tranchant… À l'inverse, ça m'a permis d'exister et d'être identifié dans le paysage audiovisuel. Ensuite, la transparence a sûrement été l'une des raisons par lesquelles j'ai pu tisser un rapport de confiance avec le public.

Qu'est-ce qui te rend le plus fier aujourd'hui ?

D'avoir pu réaliser mes rêves. Professionnels mais surtout personnels. Me marier, fonder une famille, devenir papa. C'est ma plus grande fierté. Et que Valentin [le fils que Christophe a eu avec son compagnon, ndlr.] soit un petit garçon heureux épanoui et ouvert aux autres. Ce sont nos enfants qui vont fonder la société de demain.

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Quelle est selon toi la plus grande inégalité qui touche encore les personnes LGBT ?

Aux yeux de la loi, il n'y en a quasiment plus. Mais la plus grande inégalité, me semble-t-il, c'est dans la perception des gens. Pour beaucoup, on peut encore se faire insulter, ça n'est pas "si grave". Parfois, c'est même "ils exagèrent à en parler tout le temps"… La haine que l'on subit n'est souvent prise en compte comme elle le devrait et comme le sont les autres discriminations dans la société.

Qu'est-ce qui fait qu'on se sent inclus, dans une école, une entreprise, dans la société ?

L'exemplarité, la visibilité. C'est ça qui permet de changer les choses. C'est pour ça qu'il est important d'être visible quand on se sent bien et qu'on est dans un environnement suffisamment safe. C'est bien de le faire pour aider les autres, notamment les plus jeunes pour qui c'est plus compliqué. Personnellement, j'ai toujours perçu la visibilité comme un devoir. J'ai eu de la chance, on m'a donné beaucoup. Alors, j'ai envie d'aider ceux pour qui c'est difficile.

Quel message aimerais-tu adresser à un·e jeune LGBT qui a le sentiment de ne pas avoir sa place ?

N'aie pas peur. Tu as sûrement le sentiment qu'une partie de la société te rejette. Qu'on va te montrer du doigt. Te mettre de côté. Sache que les choses ont beaucoup avancé. Les combats des anciens ont porté leurs fruits. Désormais on peut se marier, avoir des enfants... et on existe, on est visible. Alors ça prendre peut-être un peu de temps mais tu vas apprendre à t'aimer et les autres t'accepteront car c'est le sens de l'histoire. Il faut y croire et être optimiste !

>> Le festival UNIQUES, dont têtu· est partenaire, se tient le 12 septembre à la Cité du cinéma, à Saint-Denis. Entrée libre et gratuite.

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Crédit photo : Stephane Grangier / TF1