Abo

sexo"Les jeunes gays te dévorent, les daddies te dégustent"

Par Nicolas Scheffer le 23/10/2026
témoignage,sexo,daddies,daddy,sexe,gay

[Rubrique à retrouver dans le magazine de l'automne, chez votre marchand de journaux ou sur abonnement.] Plus l’âge se lit sur le corps de ses partenaires, plus notre témoin anonyme de 29 ans les aime. Quinze, vingt, parfois même trente ans le séparent des daddies dont il est complètement dingue. Une attirance qui dépasse le seul physique.

Tu as toujours couché avec des mecs plus âgés ?

J’ai d’abord essayé avec des mecs de mon âge, mais ça n’a pas duré longtemps, car ils ne m’excitaient pas vraiment. J’ai toujours été attiré par des corps qui ne sont pas taillés au cordeau comme ceux qu’on voit tant sur les applications. Rapidement, ceux des daddies m’ont accroché l’œil… L’un de mes premiers plans cul était un homme de 55 ans quand j’en avais 18. J’en garde un très bon souvenir.

À lire aussi : De toutes les matières, c'est le Speedo qu'il préfère…

Qu’est-ce qui accroche en premier ton regard dans un corps de daddy ?

C’est le corps de quelqu’un qui ne compte pas les calories, qui a donc un peu de ventre, et du poil qu’il laisse au naturel. Quelqu’un qui, sur les réseaux, prend une photo sans trop d’artifices, sans réfléchir pendant des heures à son meilleur profil… Au-delà du physique, c’est une manière d’être au monde : assumer son désir d’aller vers des mecs plus jeunes, jouir des plaisirs de la vie sans se soucier du qu’en-dira-t-on.

Comment le contraste d’âge joue-t-il dans vos rapports ?

Au début, c’était le rapport de domination qui primait. Quand je suis face à un mec beaucoup plus âgé que moi, je me sens naturellement plus à l’aise pour m’abandonner. La confiance est plus simple à installer avec quelqu’un d’expérimenté. Je prends aussi beaucoup de plaisir à le voir maîtriser un jeune qui se donne, d’autant que c’est un corps qu’il ne peut plus retrouver lui-même. En fréquentant des daddies, j’ai reçu énormément de compliments et ça m’a donné de l’assurance dans ma sexualité et même dans ma vie de tous les jours. D’ailleurs, hors du lit, je traîne davantage avec des hommes plus âgés que moi.

En quoi la différence d’âge se fait-elle sentir au cours de la bagatelle ?

Là où les jeunes gays veulent te dévorer, les vieux te dégustent, comme s’ils prenaient le temps de savourer un corps qui les obsède. La tendresse me donne envie d’être à la merci de mon partenaire. Ça m’est arrivé de coucher avec un mec de mon âge hyper bien bâti, mais je n’arrivais pas à bander, parce qu’il était trop fougueux. J’aime les plans qui durent plus de quinze minutes. On se tripote, on s’encule, on fait redescendre la température et on repart pour un tour.

C’est aussi une excitation verbale de l’appeler "daddy" pendant le sexe ?

Je n’ai jamais été très verbal, mais j’aime qu’il parle de moi comme d’un fiston. Ce n’est pas le côté incestueux qui m’intéresse, même si cela ne me dérangerait pas puisqu’il s’agit d’un jeu. Mais ça installe un rapport d’appartenance, voire d’humiliation, qui me met dans l’ambiance.

Tu es toujours le soumis dans l’histoire ?

Je suis essentiellement passif et excité par l’idée que mon partenaire marque son territoire en me fécondant. J’aime aussi beaucoup être attaché, debout par exemple, et qu’il fasse circuler une roulette avec des picots sur mon corps ou qu’il me donne des claques sur les fesses ou le sexe. Parfois, j’aime bien porter un masque et être réduit à mes orifices. Bien sûr, tout cela est un jeu et, en dehors du sexe, la relation s’équilibre.

À lire aussi : Exhib ou voyeur, "le risque fait partie du fantasme"

Crédits photo : Pantelis Georgitsis via Unsplash