Détention, coups, électrocution… Le cauchemar des homosexuels en Tchétchénie

purge anti-gay Tchétchénie

Alors que la communauté internationale s’inquiète d’une purge anti-gay qui s’abattrait en Tchétchénie, plusieurs témoignages de victimes font surface.

purge anti-gay Tchétchénie
Vue de Grozny, capitale de la Tchétchénie.

 
République constitutive de la Russie de Vladimir Poutine, la Tchétchénie est soupçonnée d’emprisonner les homosexuels – rééls ou supposés – par centaines selon les informations du média russe d’opposition Novaïa Gazeta corroborées par plusieurs organisme de défense des droits de l’homme ; une chasse à l’homme qui aurait débuté en début d’année et qui se terminerait parfois dans le meurtre. Ce journal, réputé pour ses investigations, se dit être en mesure de donner l’identité de trois victimes assassinées par les autorités tchétchènes à cause de leur orientation sexuelle, et craint des chiffres bien plus élevés. Novaïa Gazeta refuse depuis sept ans d’envoyer ses journalistes dans cette région du nord du Caucase pour garantir leur sécurité, mais se fait le relais d’une ligne d’urgence pour sauver les LGBT en danger. Après son article choc publié le 1er avril 2017, il a ainsi récolté plusieurs témoignages de rescapés de cette purge anti-gay qui s’abattrait aux portes de l’Europe.
Deux Tchétchènes (identifiés comme Témoin 1 et Témoin 2 par le journal et depuis placés hors de danger) racontent, photos de leurs blessures à l’appui, comment ils ont été régulièrement frappés, humiliés et torturés par électrocution par les forces de l’ordre. Ils parlent aussi d’hommes battus à mort sous leurs yeux, et de prisonniers enfermés depuis plusieurs années. Surtout, ils corroborent un système d’extorsion de fonds organisés par les autorités (« de l’argent contre le silence et la liberté ») ainsi qu’une traque « au hasard » utilisant les mobiles :

Leur objectif principal était de pourchasser nos contacts car dans leur tête, si tu es un suspecté d’être gay, alors tout ton réseau de contact est gay. Ils gardaient nos téléphones allumés – n’importe quel homme qui appelait ou envoyait un message était une nouvelle cible.

D’après Novaïa Gazeta, les hommes interpellés dans ces circonstances seraient détenus dans une « prison secrète » de Tchétchénie : un ancien quartier militaire officiellement vide qui se situe à Argun près de Grozny, la capitale.
 

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« Prison secrète » présumée identifiée par Novaïa Gazeta – ©Novaïa Gazeta

 
De leurs côtés, les autorités tchétchènes ont tourné en dérision et nié ces accusations, prétendant que le pays était innocent puisque vierge de toute homosexualité et justifiant même la violence perpétrée contre les homosexuels. Amnesty International, ILGA Europe, le département d’État américain et le Parlement européen réclament l’ouverture d’une enquête.
 
Couverture : Photographies des blessures des deux témoins – ©Novaïa Gazeta
 
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