mondeAu Ghana, la nouvelle loi anti-LGBT revotée par le Parlement

Par têtu· avec AFP le 01/06/2026
Le président du Ghana, John Dramani Mahama.

La loi homophobe adoptée par le Parlement du Ghana en 2024 avait expiré, faute de signature présidentielle avant la fin de la législature. Qu'à cela ne tienne, les parlementaires d'Accra l'ont à nouveau votée.

Même joueur joue encore. Le parlement du Ghana a adopté à nouveau, ce vendredi 29 mai, une loi anti-LGBT durcissant la répression de l'homosexualité dans ce pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, à majorité chrétienne. Le texte avait déjà été adopté par le Parlement en février 2024 (à l'unanimité), mais l'ancien président Nana Akufo-Addo, qui était en fonction jusqu'au 7 janvier 2024, ne l'avait pas signé, ce qui rendait un nouvel examen nécessaire selon les termes de la Constitution. Son successeur, John Dramani Mahama, d'obédience pentecôtiste (un courant du christianisme évangélique), a déjà promis qu'il ratifierait la loi.

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"Contre nature"

Depuis l'indépendance du pays, acquise en 1957, le droit ghanéen a toujours prohibé l'homosexualité. Sous la domination britannique, le droit colonial proscrivait déjà les "relations sexuelles contre nature", une notion reprise dans l'article 104 du Code pénal adopté en 1960. Le nouveau texte, qui porte "sur les droits sexuels et les valeurs familiales", durcit les peines encourues, prévoyant jusqu’à trois ans de prison pour une personne ayant eu des relations homosexuelles, et entre trois et cinq ans pour la "promotion, le parrainage ou le soutien intentionnel d'activités LGBT+". Des dérogations à ce deuxième point sont seulement prévues pour les journalistes, les avocats et les professionnels de santé agissant dans l'exercice de leurs fonctions.

Ce vote intervient dans un contexte de résurgence de l'homophobie politique dans différents pays d'Afrique, sous la pression notamment des autorités religieuses (chrétiennes ou musulmanes) et au prétexte de défendre les "valeurs" africaines face à l'Occident. En Afrique de l'Est, l'Ouganda a voté en 2023 l'une des lois les plus répressives du continent, prévoyant la peine de mort en cas de récidive. Plus près du Ghana, la junte au pouvoir au Burkina Faso a adopté en septembre 2025 un texte prévoyant jusqu'à cinq ans de prison pour les "auteurs de pratiques homosexuelles". Et le Sénégal est plongé depuis plus de deux mois dans une vaste traque anti-LGBT après le vote en mars d'une loi durcissant les peines encourues pour relations "contre nature".

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Crédit photo : Amanuel Sileshi / AFP