EuropeBon débarras Orbàn ! Budapest retrouve sa Pride et la Hongrie ses milliards européens

Par Nicolas Scheffer le 01/06/2026
peter magyar premier ministre hongrie et usula von der leyen presidente commission europeenne

Six semaines après la fin des seize années de pouvoir de Viktor Orbàn, la police de Budapest a autorisé la prochaine marche des Fiertés LGBT, tandis que Bruxelles a annoncé le dégel de 16 milliards d'euros de fonds européens destinés à la Hongrie.

"Plus besoin de protection de la mairie, nous organisons la marche comme par le passé !", se félicite auprès de têtu· Viktoria Radvanyi, présidente de Budapest Pride. Un an après l'interdiction des manifestations LGBT par la majorité de Viktor Orbàn, la communauté LGBT+ de Hongrie peut souffler : l'homophobe en chef de l'Europe ayant perdu les élections législatives en avril, la police a fait savoir qu'elle n'avait plus de raison d'appliquer sa loi homophobe. La Pride de Budapest, prévue comme à Paris pour le samedi 27 juin, pourra donc se dérouler normalement.

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"Durant la procédure de déclaration pour la marche des Fiertés 2026 et la concertation avec les organisateurs, aucune raison n’est apparue pour interdire le rassemblement", a ainsi déclaré ce 29 mai la police de la capitale à l'Agence France-presse (AFP), comme elle l'a fait devant le conseil municipal de Budapest. L'an dernier, pour contourner l'interdiction, l'association organisatrice de la marche avait eu recours à un subterfuge : se déclarer non pas comme une manifestation politique, mais comme un festival sous l'égide de la municipalité, dirigée par le maire écologiste Gergely Karácsony. Résultat, la Pride de Budapest avait battu son record de fréquentation. Cette année, l'organisation appelle à manifester "pour dire adieu aux 16 dernières années", celles de l'orbanisme au pouvoir.

Budapest obtient un dégel européen

Le soir de sa victoire, le nouveau Premier ministre Peter Magyar, pourtant conservateur, avait déclaré que la Hongrie a choisi d'être un pays où "personne n’est stigmatisé pour aimer différemment". Vendredi, il était à Bruxelles pour rencontrer la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, laquelle a annoncé le déblocage progressif de plus de 16 milliards d'euros de fonds européens (soit 13% du PIB du pays) qui avaient été gelés sous le gouvernement Orbàn en raison de ses atteintes à l'État de droit et de ses progrès insuffisants dans la lutte contre la corruption.

"Votre gouvernement avance rapidement et avec détermination, soucieux de tenir les promesses que vous avez faites au peuple hongrois : stimuler la relance économique, lutter contre la corruption et rétablir l'État de droit", a justifié Ursula von der Leyen, saluant ces "vents forts porteurs de changement" et annonçant que les universités hongroises pourront rejoindre en 2027 le programme Erasmus. Dans le détail, 10 milliards d'euros étaient retenus dans le cadre du plan de relance européen post-covid, et le reste du Fonds de cohésion : 4,2 milliards suspendus à la conditionnalité de l'État de droit et 2,2 milliards gelés au nom de la protection des droits fondamentaux.

Et qu'en est-il de la loi d'inspiration poutinienne votée par Budapest en 2021 pour interdire la "promotion" de l'homosexualité auprès des mineurs ? En avril, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) lui a fait un sort, la jugeant "contraire à l'identité même de l'Union". Ursula von der Leyen affiche son optimisme : "Des mesures supplémentaires devront être prises, mais nous sommes sur la bonne voie", a-t-elle déclaré. Il ne saurait y avoir qu'un débouché à ce chemin : l'abrogation !

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Crédit photo : Union européenne

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