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La candidate frontiste qualifiée au second tour veut supprimer le mariage pour tous

Marine Le Pen Front National union civile second tour

Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour de l'élection présidentielle face à Emmanuel Macron. Son programme propose un bond de 18 ans en arrière vis-à-vis des couples homos.

Publié le 6 février 2017 à 12h07.
Mis à jour le 24 avril 2017 à 11h30.

C'est écrit noir sur blanc dans son programme : si elle est élue présidente, Marine Le Pen - qui a récolté 21,6% des voix au premier tour de l'élection présidentielle derrière Emmanuel Macron - détruira le mariage pour tous légalisé en 2013 par la loi Taubira. Alors que la légalisation du Pacte civil de solidarité (Pacs) célèbre sa majorité, et que le mariage pour tous fêtera très bientôt ses quatre ans, l'héritière Le Pen attaque la loi Taubira dans son programme de campagne, cristallisant ses promesses de 2013 et coupant court aux précédentes parades de Florian Philippot.
Plus de mariage pour les couples homos, mais une simple "union civile" qui prendrait la forme d'un soi-disant "Pacs amélioré" et qui ne laisse pas d'indice sur le droit à l'adoption, mais l'espoir est mince...
Pour rappel, un "contrat d'union civile" apportant la reconnaissance des couples homos avait été proposé une première fois au Parlement en 1991, soit vingt-six ans plus tôt.

L'engagement n°87, la proposition anti-LGBT du Front National

Alors que les femmes et les hommes politiques prennent généralement soin d'enrober leurs mesures anti-LGBT de prétextes ayant trait à la "protection de la jeunesse" pour se prémunir de toute homophobie, Marine Le Pen ne s'encombre pas de telles courbettes. En une seule et même mesure, la présidente du Front National dézingue PMA pour toutes, débat autour de la GPA et loi Taubira. Bref, un engagement clairement dirigé contre les personnes LGBT et l'égalité des droits :

87) Face aux pressions d’autorités supranationales, maintenir l’interdiction de la GPA et réserver la PMA comme réponse médicale aux problèmes de stérilité. Créer une union civile (PACS amélioré) qui viendra remplacer les dispositions de la loi Taubira, sans effet rétroactif.

Tout cela "au nom du peuple", comme le vend sa communication de campagne, et contre la Cour européenne des Droits de l'Homme qui n'a de cesse de condamner l'Etat français car celui-ci rechigne à reconnaître les enfants nés par GPA à l'étranger. Contre également la majorité des Français.e.s favorables au maintien de la loi Taubira qui autorise le mariage et l'adoption pour tous (à 63%) et à l'ouverture de la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes (à 59%), selon un sondage IPSOS relayé par 20 Minutes en septembre 2016.
L'adoption du mariage et de l'adoption pour tous a valu plusieurs années de lutte et de mobilisation, sans compter l'homophobie libérée lors des années 2012-2013 et l'émergence de la Manif pour tous.
Comble de l'ironie, cette proposition n°87 se situe dans la catégorie "Permettre à chacun de trouver sa place" du chapitre IV du programme de Marine Le Pen intitulé : Une France juste.

Soutenue par Christine Boutin mais pas par Sens Commun

Ce matin, Christine Boutin a twitté en faveur d'un "rassemblement" derrière Marine Le Pen. La présidente du Parti chrétien démocrate qui s'illustre dans la lutte anti-LGBT depuis les années 1990 - et qui fut condamnée en appel pour "incitation à la haine" en novembre dernier pour avoir qualifié l'homosexualité d'"abomination" - motive toutefois son soutien par un rejet d'Emmanuel Macron qu'elle comparait hier à "la peste et le choléra" d'après L'Obs.
Sens Commun, mouvement fondé à partir de la Manif pour tous en 2013 pour peser sur le débat politique, joue à l'inverse le jeu du "ni-ni". La "liberté de conscience" qu'ils persiflaient déjà aux oreilles de François Hollande pour les maires confrontés au mariage pour tous est à nouveau invoqué pour justifier le refus de choisir entre deux "options délétères". Ceux qui avaient adoubé le candidat Fillon (avant même qu'il ne remporte la primaire de la droite) ne suivent donc pas les consignes de ce dernier qui appelait hier soir à voter contre l'extrême-droite.
 
Couverture : Marine Le Pen lors d'un meeting du Front National en 2012 - crédit photo @Blandine Le Cain/Flickr
 
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