Compiègne : 6 ans de prison ferme pour avoir ligoté et abandonné un homosexuel en forêt

Les deux prévenus, Mounir Fadhloun et Stéphane Siméon, ont été condamnés, lundi 20 août 2018, à six ans de prison ferme pour avoir ligoté et abandonné un homme homosexuel en forêt de Compiègne, mardi 7 août 2018. Les deux agresseurs avaient pour projet de le dépouiller de son argent.

Une agression violente est survenue en forêt de Compiègne, mardi 7 août 2018. Deux hommes, Mounir Fadhloun, 36 ans et Stéphane Siméon, 27 ans se sont rendus aux abords d’un endroit connu des hommes homosexuels de la région, selon les informations du quotidien Le Parisien. Toujours selon les informations de nos confrères, la victime présente sur place aurait « croisé leur regard » et aurait décelé des « sourires insistants » de la part des deux hommes. Elle les aurait ensuite suivi en voiture lorsqu’ils ont démarré. Mais après être sorti des véhicules la victime a été « rapidement neutralisée » puis « retrouvée au sol », rapporte un journaliste du parisien, présent lors de l’audience.

La victime ligotée et bâillonnée

Les deux agresseurs ont ligoté et bâillonné la victime avec du ruban adhésif et des sangles, avant de l’enfermer dans le coffre. Ils lui ont volé ses clés et sa carte bleue et ont retiré plus de 500 euros dans différentes banques de Compiègne.

Les deux agresseurs ont ensuite décidé de reconduire leur victime dans la forêt et l’ont attaché à un arbre avant de l’abandonner et de prendre la fuite.

« Ça a été très long, j’ai mis presque trois quarts d’heure à défaire mes liens, parfois en les rongeant », a expliqué la victime au tribunal.

L’homme sera finalement recueilli par un couple, qui le conduira à l’hôpital dans la foulée. Son agression lui aura valu 10 jours d’interruption totale de travail (ITT).

Le caractère homophobe de l’agression n’a pas été retenu

Contactée par TÊTU, Virginie Girard, la procureure de la République, a précisé que le caractère homophobe de l’agression n’a pas été retenu : « Les deux hommes ont été condamnés pour enlèvement et séquestration commis pour faciliter un délit, vol de véhicule et escroquerie par usage de la carte bancaire dérobée. Il n’y a pas eu de circonstance aggravante résultant du caractère homophobe de l’agression puisque ce n’est pas à raison de l’homosexualité de la personne que le délit a été commis. »

Les deux individus sont visiblement des habitués du système judiciaire. « On savait très bien qu’on allait se faire attraper », a expliqué Mounir Fadhloun lors de l’audience. Ils ont décidé de prendre la fuite vers la Tunisie, mais seront arrêtés à temps à Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie.

Les deux agresseurs ont écopé de six ans de prison ferme, une peine qu’ils ont commencé à purger dès hier, en sortant du tribunal.

Cet article a été réédité le 21 août 2018 à 16h20. 

Crédit Photo Creative Commons.

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