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Canular homophobe de Hanouna : Le Refuge reconnaît avoir inventé un faux témoignage

Dans une interview à L'Express, l’avocat du Refuge Me Emmanuel Pierrat reconnaît que le jeune homme, viré de chez lui après avoir été piégé par Cyril Hanouna, n'a en fait jamais existé.

Il s'est écoulé près d'un an et demi depuis le canular homophobe de Cyril Hanouna dans l'émission "Touche pas à mon poste" (TPMP). L'animateur vedette de C8 s'était fait passer, le 18 mai dernier, pour un bisexuel dans une petite annonce - "Jean-José, très sportif et super bien monté (...) J'aime quand on m'insulte !" - , et répondait en direct aux hommes qui le contactaient, suscitant l'hilarité du public.

Une séquence vivement critiquée sur les réseaux sociaux et jusqu'au plus sommet de l'Etat. La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, avait alors évoqué une "triste affaire", affirmant que "la télévision se doit de refléter la société française dans toute sa diversité, qu'il s'agisse des origines, des sexes et de l'orientation sexuelle notamment".

La chaîne C8, qui diffuse TPMP, avait d'ailleurs été condamnée à trois millions d'euros d'amende par le CSA pour ce canular.

Des incohérences dans le témoignage

A l'époque, Le Refuge, à travers la voix d'un de ses bénévoles, Romain, avait raconté le calvaire d'un adolescent victime du canular de Cyril Hanouna en direct. Ce dernier avait alors contacté la ligne d'urgence de l'association le jour-même à trois heures du matin, "bouleversé". On apprenait le mercredi 24 mai, toujours de la part de Romain, qu'il avait été "viré de chez lui".

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Mais quelques semaines plus tard, plusieurs médias, dont BuzzFeed et Le Parisien, remettent en doute l'existence de la victime et pointent du doigt des incohérences.

Interrogée à ce sujet le 27 mai sur Franceinfo, la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, avait alors indiqué  : "Le Refuge nous dit que quelqu'un les a contactés après ce canular, je n'ai aucune raison de mettre en doute la parole du Refuge et bien évidemment, je vais continuer de travailler avec Le Refuge qui fait un travail exceptionnel". Et d'affirmer que l'association, qu'elle avait reçue la veille, lui avait confirmé ce témoignage.

Un appel totalement inventé

Difficile d'imaginer que tout cela était faux, et pourtant. Ce mercredi 28 novembre, l'avocat du Refuge, Me Emmanuel Pierrat, a confié à L'Express que ce témoignage n'a en fait jamais existé. "Il n’y a jamais eu d’appel de détresse et il n’y a pas d’adolescent victime, reconnaît-il. Un bénévole, pris dans la folie qui a succédé à la diffusion de la séquence, a inventé un appel au secours qui n’existait pas. Quand Nicolas Noguier a fini par comprendre qu’il avait été abusé, le mal était fait."

Sur Twitter, plusieurs militants LGBT+ ont appelé à la démission du président de l'association Nicolas Noguier. C'est notamment le cas de Christian Andreo : "Dites Nicolas Noguier, peut-être serait-il bon que vous passiez la main une bonne fois pour toutes. Vous nuisez autant à la structure que vous gérez ET à la cause que vous défendez."

Contacté par TÊTU, le cabinet de Marlène Schiappa n'avait pas encore répondu à nos sollicitations ce mercredi 28 novembre.

Crédit photo : C8.


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