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Tchétchénie : selon les activistes, la purge anti-LGBT s’intensifie

Un avertissement est apparu, jeudi 10 janvier dernier, sur le réseau social russe VKontake, appelant les LGBT+ à fuir la Tchétchénie. L'information a été confirmée par plusieurs associatifs russes et par le journal Novaïa Gazeta, à l'origine des révélations sur les purges anti-LGBT en Tchétchénie en 2017. Deux personnes seraient décédées, une quarantaine auraient été arrêtées.

"Nous demandons à toute personne encore libre de prendre ce message très au sérieux et de quitter la République (tchétchène), le plus rapidement possible." Le message, publié le 10 janvier dernier sur VKontakte - le Facebook russe - est glaçant. Il provient d'une page destinée aux personnes LGBT+ vivant dans le Caucase.

"Je vous demande de vous tourner vers les militants des droits de l'homme, les médias, des amis qui peuvent vous aider. Soyez prudents", poursuit le message posté sur VKontake. Il est accompagné d'une photo d'un numéro de téléphone "qui n'est pas surveillé", précise le compte, ainsi que d'une adresse mail qui semble être l'une du Russian LGBT Network, la plus grosse organisation de défense des droits des LGBT+ en Russie.

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Deux personnes décédées

Ce lundi, le président du Russian LGBT Network, Igor Kochetkov, s'est exprimé dans un communiqué publié sur le site de l'organisation. "Depuis la fin du mois de décembre 2018, une nouvelle vague d'arrestations a touché des hommes et des femmes au motif de leur orientation sexuelle supposée ou réelle", a affirmé le Réseau russe LGBT.

"Selon nos informations, près de 40 personnes ont été arrêtées [...] et au moins deux personnes sont mortes à la suite de tortures."

Selon le directeur de cette ONG, les autorités tchétchènes ont confisqué les papiers d'identité des personnes arrêtées, notamment pour les empêcher de quitter le territoire tchétchène. Les détenus seraient menacés par "des affaires criminelles fictives contre eux ou leur famille" et contraints de signer des formulaires, ajoute M. Kotchetkov.

"Un pur mensonge"

Le post publié sur le réseau social est certes vague, mais de nombreux activistes en sont arrivés à la conclusion que les personnes LGBT+ sont une fois de plus persécutées en Tchétchénie. Pourtant, un porte-parole de Ramzan Kadyrov, le dirigeant autoritaire de cette petite république, a rejeté lundi ces accusations. "Il s'agit d'un pur mensonge [...] Il n'y a pas eu d'arrestations sur la base de l'orientation sexuelle en Tchétchénie pendant la période mentionnée", a affirmé Alvi Karimov à l'agence russe Interfax.

Fin décembre, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a publié un rapport dénonçant un régime « d’impunité » en Tchétchénie, où des violations « très graves » des droits de l’Homme sont perpétrées. Une enquête internationale de grande ampleur, menée par 16 États occidentaux, faisant état "des preuves manifestes (qui) confirment" les nombreuses accusations de persécutions commises dans cette république du Caucase russe contre les homosexuels.

Dans un communiqué, l'ONG Amnesty International a appelé à une "réaction internationale" après ces nouvelles accusations.

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L'association française Urgence Homophobie, qui accueille et accompagne les personnes LGBTQI en demande d'asile, a également lancé un appel au dons via son compte Twitter :

https://twitter.com/UHomophobie/status/1084247187616419842

Papier mis à jour le 14 janvier à 17h34, avec AFP.

Crédit photo : Creative Commons. 


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