Brunei s’explique sur sa loi anti-LGBT dans une lettre surprenante

Dans une lettre adressée au Parlement européen, le Brunei a défendu sa loi de pénalisation de l'homosexualité... tout en affirmant ne pas réellement l'appliquer à l'avenir.

L'incohérence est totale. Le Brunei s'est exprimé dans une lettre très formelle, adressée au parlement Européen le 15 avril. L'État pétrolier d'Asie du Sud-Est dirigé d'une main de fer par le Sultan Hassanal Bolkiah, a dénoncé une "mauvaise compréhension" de son code pénal par le reste du monde. Rien que ça.

Dans la lettre, le Brunei justifie l'entrée en vigueur d'une loi qui punit l'homosexualité par la peine de mort. "La criminalisation de l'adultère et de la sodomie est là pour permettre de sauvegarder le caractère sacré de la lignée familiale et du mariage des musulmans." Le gouvernement persiste et signe. Et se dédouane même de toute responsabilité en expliquant noir sur blanc que le code pénal n'est pas "un texte écrit par l'homme, mais ordonné par Allah".

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"Prévenir les crimes"

La suite est indécente. Le gouvernement a précisé que cette loi ne sera que rarement mise en application. Arguant que la peine de mort est "soumise à un seuil de preuve extrêmement élevé" et que la condamnation ne reposera "que sur les aveux du coupable".

Mais, à quoi bon mettre en place une loi si ce n'est pas pour l'appliquer ? Le Brunei a indiqué que cette loi était là dans le but de "prévenir" les crimes à venir, plutôt que de "punir les coupables".

Le pays a conclu en réaffirmant "vouloir maintenir ses engagements vis-à-vis de ses obligations internationales en matière de promotion et de protection des droits de l'homme".

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Condamnation de l'Union Européenne

De son côté, le Parlement européen a adopté une résolution, le 18 avril, qui condamne très fermement le sultan du Brunei pour violation des droits de l'homme.

La députée européenne hollandaise et démocrate, Marietje Schaake, a appelé à une réponse "unifiée de l'Europe". Et d'ajouter : "Il est l'heure pour les leaders européens de prendre la parole clairement et d'une seule voix sur la situation dans laquelle se trouvent les citoyens du Brunei. Nous devons prendre des mesures maintenant, pour montrer que nous sommes avec les LGBTI du monde entier." 

Le 13 avril dernier, plus de 30 pays, menés par le Canada, ont demandé formellement à cet État pétrolier d'abroger cette loi.

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Crédit photo : Bernard Spragg. NZ / Flickr. 


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