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« Place du père », femmes seules… : deuxième journée de débats sur l’ouverture de la PMA pour toutes

Les députés sont entrés mercredi 25 septembre dans le vif du sujet du projet de loi bioéthique. Les premiers amendements sur l'ouverture de la PMA ont été discutés, donnant lieu à des débats parfois agités.

Deuxième journée de débats. Mercredi 25 septembre, les parlementaires ont débattu des premiers amendements sur la loi bioéthique et plus particulièrement sur l'article premier, qui prévoit l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules.

Une série d'amendements pour supprimer purement et simplement cet article clé ont été rejetés à main levée. Ils émanaient en premier lieu d'élus LR, mais aussi de députés UDI, du RN, ou de l'ex-LREM Agnès Thill.

Un glissement vers la GPA ?

Comme à la veille de l'ouverture des débats, des voix se sont élevées dans l'hémicycle, surtout à droite et à l'extrême droite pour dénonce une "PMA sans père" qui conduira à la légalisation prochaine de la GPA. Des arguments que les députés de la majorité, les rapporteurs et le gouvernement se sont attachés à démonter.

"J'observe que chaque amendement est pour vous le prétexte d'invoquer le risque de glissement vers la GPA, a notamment déclaré la ministre de la Justice Nicole Belloubet. Je m'en étonne. Il n'est absolument pas possible de prétendre qu'avec les dispositions que nous présentons il y ait un glissement possible vers la GPA". Il a également été rappelé que la PMA était déjà autorisée pour les couples hétérosexuels en France et qu'il s'agissait donc d'un "rétablissement des droits", alors que la GPA est interdite pour tout le monde.

L'"absence du père" au coeur des débats

Au nom de "l'intérêt de l'enfant", la place allouée au père a animé les premiers échanges, restés courtois malgré une tension parfois latente dans la soirée.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a rappelé, sous les applaudissements des députés de la majorité, qu'il y a eu "des siècles de croisades, des guerres mondiales, des divorces par milliers" et que "rien n'a jamais démontré que ces enfants-là, entourés de l'amour de leur mère n'ont pas pu grandir". Un enfant "se construit d'abord dans la sécurité" affective, l'amour, la non-violence, a-t-elle insisté, plusieurs "marcheurs" venant en appui.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon (LFI) a évoqué "la fin du patriarcat", et estimé que "la seule chose dont on soit sûr (...), c'est que faute d'amour, (l'enfant) dépérira", tandis qu'Olivier Faure (PS) a reproché aux élus opposés à la PMA pour toutes de "mythifier" la famille hétérosexuelle.

A l'opposé, Annie Genevard (LR) a réitéré sa crainte d'"évincer le père", son collègue Marc Le Fur évoquant une "rupture de civilisation" et le risque du "petit garçon roi" construit sans l'"altérité".

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Rare "marcheuse" à aller dans le même sens, Blandine Brocard s'est demandé s'il était opportun de proposer "un environnement familial qui ne prend pas en compte la figure paternelle", en saluant ceux qui "ont le courage de douter".

La question des femmes seules

Dans la soirée, la question de l'ouverture de la PMA aux femmes seules a fait longuement débat, montrant des fissures dans la majorité. Outre des élus LR pointant un "risque de multiplier des situations de vulnérabilité", l'UDI Pascal Brindeau ou Frédérique Dumas (Libertés et Territoires) ont formulé des réticences.

Idem pour plusieurs élus LREM à l'instar d'Annie Vidal ou de Marie Tamarelle-Verhaeghe pour qui "les conditions les plus propices au développement de l'enfant s'inscrivent dans le projet commun de deux personnes". Le MoDem Cyrille Isaac-Sibille s'est aussi inquiété avec une "famille uniparentale" de voir disparaitre la "cellule de solidarité".

La ministre de la Santé a invité les députés à ne pas faire d'amalgame entre familles "devenues seules" et les familles monoparentales "choisies qui auront mûri un projet". La loi permettra de sécuriser le parcours de femmes qui "de toutes façons feront un enfant", a-t-elle aussi affirmé.

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Un seul amendement LREM a été adopté dans la soirée, sous les huées des députés de l'opposition, qui estimaient que les votes avaient été mal comptés, indiquant que la PMA est destinée à "répondre à un projet parental". Avant de passer au vote sur l'article, les députés devaient encore examiner quelque 500 amendements à 00h30, sur 2.500 au total sur le texte.

(Avec AFP)

Crédit photo : wikimedia commons.


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