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Le Mans : des militants d’extrême-droite saccagent plusieurs établissements dont un bar gay

Des militants d'extrême-droite on saccagé samedi plusieurs établissements du Mans, dont un bar gay. Cinq personnes ont été interpellées.

La ville du Mans a été victime ce weekend d'un véritable saccage. Une quarantaine de militants d'extrême-droite ont commis des violences contre plusieurs cafés, dont un bar gay, après un rassemblement royaliste visant à commémorer l'un des épisodes les plus meurtriers de la Guerre de Vendée, en 1793.

Les terrasses retournées

Selon Christophe Counil, adjoint au marie à la sécurité, interrogé par l'AFP : "tous les ans, le 'Souvenir vendéen' commémore le prétendu massacre par les Républicains des Vendéens au Mans en 1793". L'adjoint explique ensuite que "des membres du milieu traditionaliste de l'Action française ont rejoint la manifestation, ça a assez vite dégénéré, une cinquantaine de personnes dont des gens cagoulés, armés de matraques et de battes de baseball ont pris pour cible des cafés qui ne correspondent pas à leur vision du monde, tels un bar 'gay-friendly' et un bar alternatif. Il y a eu des affrontements avec la police, les gens ont eu très peur."

Le groupe armé et cagoulé aurait d'abord retourné la terrasse du bar Le Lézard, "un bar réputé de gauche" selon le Collectif antifasciste de la Sarthe qui réagit à ces violences sur sa page Facebook. Selon un témoin, qui raconte la scène à nos confrères de France Bleu, des affrontements ont eu lieu en bas du Heaven's Café, un bar gay de la rue Victor Bonhommet. "Ils ont fait voler la terrasse" a raconté ce même témoin. Romain, le gérant du bar, raconte également : "on a vu des personnes cagoulées, casquées, en noir, prendre la terrasse du bar pour les utiliser dans des affrontements". Le gérant de ce bar, qui organise régulièrement des soirées avec des drag queens, a eu pile le temps de faire rentrer ses clients dans le café, et de fermer la porte à double-tour.

"Bande d'extrême-droite"

Selon Christophe Counil, cinq personnes ont été interpellées, et les images de vidéosurveillance seront mises à disposition de la police pour retrouver tous les coupables. Selon France Bleu, aucun d'entre eux n'est originaire du Mans. Ils ont entre 18 et 30 ans et viennent de région parisienne, de Bretagne ou encore d'Angers. Pour le maire du Mans, Stéphane Le Foll, cette "bande d'extrême-droite" était venue pour casser.

Si les policiers ont retrouvé sur eux "des casques, des masques, des gants coqués, des matraques télescopiques et des foulards royalistes", l'Action Française a toutefois rejeté toute implication dans les violences, soulignant que la manifestation était déclarée et qu'elle s'était "bien déroulée". "Nos consignes sont très claires, nous interdisons toute action violente", a déclaré Camille Berth à l'AFP, secrétaire général adjoint du mouvement royaliste.

Un groupuscule d’extrême-droite « Ouest Casual » a toutefois revendiqué dimanche soir sur sa page Facebook les affrontements avec des militants antifascistes, qui s’étaient rassemblés pour une contre-manifestation. « Malgré de nombreux appels des antifas à venir perturber la commémoration vendéenne, notre événement a bien eu lieu. Une centaine de types présents pour empêcher les perturbateurs… », écrit le groupuscule.

 

Crédit photo : Capture Google Maps


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