En Pologne, cet eurodéputé ouvertement gay est l’un des principaux candidats à la présidentielle

La coalition des partis de gauche polonais a désigné son candidat pour la présidentielle. Robert Biedron, eurodéputé ouvertement gay, affrontera le très conservateur président sortant, alors que le climat en Pologne est de plus en plus homophobe.

C’est une première en Pologne. Les principales formations de la gauche polonaise ont désigné mardi l’eurodéputé Robert Biedron, premier homme politique important du pays à afficher publiquement son homosexualité, comme candidat à l’élection présidentielle. Sa candidature doit être validée le 19 janvier prochain lors d’un congrès qui réunira deux autres formations de gauche, SLD et Razem (Ensemble).

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Si cette nomination est entérinée, il deviendra le principal opposant au chef de l’Etat sortant Andrzej Duda lors des élections présidentielles, prévues à la fin du printemps prochain. Et évidemment, ses propositions vont, à bien des égards, à l’encontre de celles du gouvernement très conservateur. Robert Biedron, ancien militant LGBT de 44 ans, prône en effet une séparation de l’Eglise et de l’Etat – dans un pays pourtant très catholique – une libéralisation de l’avortement, et réclame un salaire égal pour les femmes et les hommes, ou  la reconnaissance d’une union civile entre personnes du même sexe.

Une élection importante

Une candidature et des propositions très symboliques, alors que la situation pour les LGBT polonais empire au fil des semaines, encouragée par un chef de l’Etat qui a un jour souhaité « interdire la propagande homosexuelle ».  Récemment, le Parlement européen a condamné fermement les zones « LGBT free » mises en place dans le pays, qui permettent à des commerçants par exemple de refuser l’entrée de leur magasin à des personnes LGBT. En juillet dernier, la première marche des fiertés organisée à Bialystok, dans l’est du pays, avait été attaquée par des ultra-nationalistes.

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La présidentielle au printemps prochain sera donc d’une grande importance pour les progressistes de tout bords, car le chef de l’Etat a le pouvoir de bloquer les lois votées par le Parlement. Et les conservateurs nationalistes de Droit et Justice (PiS), le parti du président, y sont actuellement majoritaires, depuis les élections législatives d’octobre dernier. La coalition de Robert Biedron avait alors obtenu 49 sièges au Parlement, sur 460. Pas sûr donc qu’il l’emporte face au président sortant, ou à Malgorzata Kidawa-Blonska, la candidate de la principale formation d’opposition, mais l’espoir fait vivre.


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