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La Pologne fait face à une vague d’homophobie inquiétante

Une Pride organisée pour la première fois à Bialystok, grande ville de l'est de la Pologne, a été attaquée par des ultra-nationalistes. Un symptôme de plus à la vague d'homophobie qui s'abat actuellement sur le pays.

De l'homophobie décomplexée et à visage découvert. La ville de Bialystok, située dans l'est de la Pologne a été le théâtre de contre-manifestations - parfois violentes - d'ultra-nationalistes ce 20 juillet, lors de la toute première Marche des Fiertés de la ville. Selon la police, près de 800 participants ont défilé dans les rues, arborant drapeaux arc-en-ciel et brandissant des banderoles : "L'amour n'est pas un péché" ou "égalité des sexes".

Les ultra-nationalistes, pour la plupart issus de groupes de supporteurs de football, sont venus des quatre coins du pays. Ils ont stoppé la marche à plusieurs reprises, forçant la police à intervenir. Certains hooligans portaient des tee-shirts avec des dessins homophobes, tandis que d'autres ont crié : "Pas de sodomie à Bialystok!". Ils ont lancé des pétards, des pierres et des bouteilles, contre les manifestants et les policiers selon un porte-parole de la police.

https://twitter.com/ParisPasRose/status/1153192255504732162

Quelques centaines de personnes ont également prié devant la cathédrale pendant que la marche traversait la ville. La police a arrêté au total 25 personnes.

Vague d'homophobie

Une importante campagne contre "l'idéologie LGBT" se déroule dans ce pays catholique. Le journal conservateur Gazeta Polska a annoncé offrir avec son prochain numéro, en kiosques le 24 juillet prochain, des autocollants d'une grande croix noire barrant un arc-en-ciel avec l'inscription "ceci est une zone sans LGBT". Diffusé à près de 22.000 exemplaires, le magazine de droite est un fervent soutient du parti conservateur actuellement au pouvoir, le PiS (Droit et Justice).

"Je suis déçue et inquiète de voir certains groupes utiliser des autocollants pour promouvoir la haine et l'intolérance", avait réagi jeudi l'ambassadrice américaine Georgette Mosbacher sur Twitter.

"Zones libres de l'idéologie LGBT"

Début juillet, une trentaine d'entités territoriales polonaises, dont des villages et des assemblées régionales, se sont déclarées "zones libres de l'idéologie LGBT". Situées au sud-est du pays, une région réputée pour son conservatisme. Une décision récente de la Cour constitutionnelle a également autorisé les commerçants à refuser de servir les clients LGBT+, invoquant la "liberté de conscience".

Et l'homophobie est présente à tous les niveaux de l'État. Lors des élections européennes de mai, le puissant chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, proche de l'Église catholique, s'en était pris à la communauté LGBT, à la "théorie du genre" et même à certaines recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qu'il accuse d'être une "menace à l'identité, à la nation et à l'Etat polonais"

Les derniers sondages suggèrent que le PiS pourrait être reconduit au pouvoir lors du scrutin prévu en octobre.

Crédit photo : Jerzy Baliski / AFP. 


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