Pendant le confinement, ils et elles ont (peut-être) trouvé l’amour

La période de quarantaine forcée de laquelle vient de sortir l’hexagone a mis un frein à beaucoup de choses, mais elle a aussi signé le début de nouvelles histoires prometteuses.

Des matchs en pagaille, des discussions qui s’éternisent, des plans sur la comète post-confinement… La recherche de l’amour à l’heure du coronavirus, ça ressemble un peu à tout ça en même temps. Bien que l’instauration de la distanciation sociale et l’assignation à résidence en mars dernier aient mis en stand-by les cinés au débotté, bières en terrasse et autres premiers rendez-vous, les célibataires n’ont pas perdu de temps. Ces dernières semaines, ils se sont rués sur les applications de rencontres, solution de repli incontournable pour espérer tisser des liens nouveaux.

Pour certains, devoir rester chez soi s’apparente à une aubaine en termes de recherche amoureuse. C’est le cas d’Arthur, 21 ans, qui a commencé à discuter avec son prétendant il y a trois semaines de ça, via l’application Taimi, conçue pour les utilisateurs LGBT+. « Je ne parlerais pas d’amour tout de suite parce qu’on ne peut pas se voir mais il y a un début de quelque chose avec ce mec, explique-t-il. C’est en un sens plutôt une bonne chose parce que ça permet de ne pas aller trop vite. Souvent, sur les applis, ça commence vite à parler de cul bien avant d’apprendre à se connaître ».

À LIRE AUSSI : Avec le confinement, j’ai retrouvé les plans cam de mon adolescence

Un constat partagé par Raphaël, 25 ans : « Alors ce n’est peut-être que mon expérience, mais les conversations tournent moins rapidement autour du cul sur Tinder ». Pourtant peu branché rencontres 2.0, cet habitant de la capitale s’est remis à swiper durant le confinement. Dans un contexte si particulier, faute d’alternatives peut-être, certains ont décidé de donner une seconde chance aux fameuses applications de dating.

Une fréquentation massive des applis

Un regain d’intérêt qui se répercute en termes de chiffres. Comme nous le confirme une représentante de Tinder, l’appli en question a remarqué une croissance de 23% du nombre de discussions quotidiennes dans notre Hexagone. Ce n’est pas tout, puisque la durée des conversations a elle aussi augmenté du même pourcentage depuis la mise en place du confinement. L’application Taimi, quant à elle, a repéré une hausse de 30% des inscriptions en France depuis le début de la pandémie de Covid-19 sur le territoire, ainsi qu’un gain de 45% au niveau de l’activité journalière de ses usagers. Contactée par nos soins, Grindr, ciblant un public masculin essentiellement gay, n’a pas souhaité communiquer sur ses statistiques.

« C’est une époque totalement inédite pour nous, reconnaît Nicolas, 22 ans. Il y a davantage de sujets sur lesquels on peut échanger. Je trouve que ça facilite les rapports avec les gens qu’on rencontre et le confinement permet de rallonger ces rapports ». De son côté, ce jeune Nantais échange des messages avec un homme de son âge, habitant à deux heures de route de lui. En attendant sagement que le gouvernement officialise des mesures de déconfinement, ils apprennent à se découvrir. Mais pour d’autres, cette attente se fait de plus en plus pénible.

À LIRE AUSSI – Le confinement réveille-t-il notre libido ?

« On est passés par plein de choses que je n’aurais jamais faites sans le confinement, concède Max, 25 ans, trans et originaire de Strasbourg. Mais d’un autre côté, c’est ultra frustrant car c’est difficile de se projeter. Connaître quelqu’un par textos, ce n’est pas pareil que de le côtoyer ». C’est ce hiatus prolongé qui aura porté préjudice à certaines idylles naissantes, comme celle liant Étienne, 17 ans, à son prétendant virtuel. Les deux ont entamé une discussion par le biais de Twitter et ont appris à se connaître l’un l’autre. « Puis le confinement a été rallongé et le tunnel semblait long, déclare-t-il. Il est devenu difficile de se projeter et de construire quelque chose sans se voir. On a décidé de mettre notre relation en pause, le temps de reprendre nos esprits ».

La lumière au bout du tunnel

Bien qu’incertitude semble être le maître mot de toute cette situation, Sophie, 22 ans, est sûre d’avoir déniché la perle rare. Elle réside à Lille, sa douce à Megève. Les deux font fi de la distance kilométrique qui les sépare et échangent non-stop depuis le début du confinement après avoir matché sur Taimi. Les choses ont vite accéléré : elles ne comptent plus les appels en visio et ont même déjà présenté leurs amis respectifs lors d’un « skypéro » via écrans interposés.

« On fait comme on peut pour être présentes l’une pour l’autre, avance-t-elle. Quand elle avait ses règles et qu’elle n’était pas bien, je lui ai fait livrer un bouquet de roses avec un petit mot ». Les petites attentions sont là, les grands projets aussi. Sophie et Léa discutent mariage (« parfois pour rire, parfois sérieusement »), se renseignent sur la PMA et évoquent même l’idée d’emménager ensemble, ayant déjà alerté leurs patrons de leur éventuelle démission.

À LIRE AUSSI – Confinement : j’ai testé la sex party sur Zoom

« Avant, je m’embarquais dans des relations sans aimer la personne simplement pour avoir une présence et sans me reconstruire d’une relation antérieure qui a eu beaucoup de conséquences négatives sur ma vie, détaille Sophie. Là, cette distance permet d’apprendre vraiment à connaître la personne et de ne pas aller trop vite, ce qui peut être paradoxal avec les plans qu’on fait pour la suite [rires] ». Si les deux accordent leurs violons et attestent que leur rencontre en cette période instable est une bénédiction, elles soulignent aussi le revers de la médaille. « Le virtuel ne remplace pas le fait d’avoir la personne en face et ne permet pas de discuter de sujets plus sérieux, de se confier sur des choses plus difficiles à dire », rajoute la principale intéressée.

Grosso modo, alors que les rencontres classiques sont temporairement suspendues (et les plans cul fortement déconseillés), bon nombre de personnes LGBT+ ont fait des applis de dating leur repaire. Les bonnes surprises ont été au rendez-vous. Et s’il y a bien un dénominateur commun à tous ces débuts d’histoires pleins de promesses, c’est bien qu’ils ont eu lieu grâce au temps libre offert par le confinement. Quand les choses seront vraiment rentrées dans l’ordre, il s’agirait peut-être de reconsidérer le temps alloué aux rencontres amoureuses…

Crédit photo : 


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail