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L’Assemblée nationale pourrait ouvrir le don du sang aux homosexuels sans délai d’abstinence

Les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes pourraient donner leur sang de la même manière que les hétéros... à condition que l'Assemblée valide le texte en séance plénière.

Les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH) pourront bientôt donner leur sang de la même manière que les hétérosexuels. Un amendement à la loi bioéthique a été adopté en commission spéciale ce mercredi 1er juillet. Les députés ont voté que "les critères de sélection du donneur ne peuvent être fondés sur le sexe (sic) du ou des partenaires avec lesquels il aurait entretenu des relations sexuelles". Pour faire un don du sang, les HSH doivent respecter une période d'abstinence d'un an à l'origine. Ce délai a été réduit à quatre mois en avril dernier. La mesure tombait à pic puisqu'elle est entrée en vigueur... au moment où l'établissement français du sang appelait au don. Le ministère de la Santé avait présenté cette mesure comme une "première étape", et prévoyait de mettre fin à cette discrimination à "l'horizon 2022".

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L'amendement a été déposé par le député PS Hervé Saulignac dans le cadre de l'examen en seconde lecture de la loi bioéthique. Le député souhaite "inscrire dans le marbre de la loi la suppression de cette discrimination". Le texte a été co-signé par une centaine d'élus, notamment de gauche et a été voté en commission spéciale. Mais pour être définitivement adopté, il doit encore être voté lors de l'examen en séance plénière à partir de lundi prochain.

Quatre mois d'abstinence pour donner son sang

Ce n'est pas la première fois qu'Hervé Saulignac tente d'inscrire dans la loi la fin de cette discrimination. C'est lui qui est à l'origine de l'abaissement de la durée d'abstinence demandé aux homos et aux bis. Jusqu'alors, le délai était d'un an, le député a souhaité l'abaisser à quatre mois. Tout en comprenant que "douze mois d'abstinence n'a pas de sens et c'est discriminatoire", la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, préférait revenir par arrêté sur les conditions de don du sang et non par la loi. Depuis, la période d'abstinence a bien été réduite en cas de relations entre deux hommes. Mais de fait, elle exclut encore de nombreux gays. De plus, les conditions sont discriminatoires puisque les hommes hétéros n'ont pas à respecter de période d'abstinence. L'Inter-LGBT appelait à aller plus loin et a donc été entendue.

Quant au don du sang des personnes transgenres, l'Inter s'était dite "inquiète" de ne pas "avoir obtenu de réponses claires à ce sujet" en avril. "Le droit commun s'applique aux personnes trans qui ont modifié leur état civil. Avec cet amendement, un homme trans qui a des rapports avec d'autres hommes pourra donner son sang aux mêmes conditions que tous les HSH", insiste l'entourage du député. L'Inter regrettait par ailleurs que les partenaires des personnes séropositives indétectables doivent respecter une abstinence d'un an alors même que quelqu'un d'indétectable est intransmisible. L'Inter qualifie cette condition de "discriminatoire et de sérophobe". Les HSH peuvent donner leur sang seulement depuis juillet 2016 - en cas d'abstinence, évidemment. Ce don était interdit depuis 1983 à cause du risque de transmission du VIH.

Crédit photo : Shutterstock


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