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Don du sang : la période d’abstinence des homosexuels et bis ramenée d’un an à quatre mois

Selon un arrêté publié jeudi au Journal officiel, la période d’abstinence d’un an que doivent respecter les hommes gays et bis pour donner leur sang sera réduite à 4 mois. Cette nouvelle réglementation rentrera en vigueur le 2 avril 2020.

Quatre mois. Et non plus douze. C'est la période d'abstinence sexuelle que devront observer les hommes gays et bis pour pouvoir donner leur sang. C'est ce que prévoit un arrêté publié jeudi au Journal officiel. Cette nouvelle réglementation rentrera en vigueur le 2 avril 2020.

La réduction de cette période d’abstinence avait été annoncée l'été dernier par le ministère de la Santé. Cette nouvelle disposition devait initialement entrer en vigueur le 1er février 2020. Finalement elle a décalée au 2 avril. Un léger retard qui s'explique par des raisons pratiques. La Direction générale de la santé (DGS) a besoin de ce délai pour imprimer une nouvelle version du questionnaire que doivent remplir tous les candidats au don.

C’est ce questionnaire qui posait problème à bon nombre d'hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (couramment appelés HSH) car il contient des critères sur l’activité et l’orientation sexuelles. « La date de fin de consultation des parties prenantes sur les projets définitifs d’arrêté et de questionnaire pré-don était mi-décembre, ce qui explique la publication de l’arrêté ce jour », explique la DGS.

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Un alignement des conditions envisagé «à l'horizon 2022»

En juillet, le cabinet de la ministre de la Santé avait décrit la réduction comme une étape vers un alignement des conditions du don pour les hommes homosexuels et bisexuels sur celles des hétérosexuels, envisagé «à l'horizon 2022» : "C’est une étape qui améliore l’accès [au don], le rend plus facile, et répond à plusieurs attentes, mais ça n’est pas la fin du processus. L’idée est de revoir l’ensemble des critères pour tout le monde et de faire en sorte que ce soit, à l’horizon 2022, les comportements individuels qui soient pris en compte et non pas les populations." avait alors déclaré le Ministère.

Une étape qui permettra de s’assurer que la levée des conditions spécifiques appliquées aux donneurs homosexuels et bis n’augmentera pas le risque de contamination pour les receveurs lors des transfusions sanguines. De 1983 à 2016, les HSH étaient purement et simplement exclus du don du sang. Les autorités estimaient les risques de transmission du virus du sida trop élevés pour les patients.

Depuis 2016, les conditions ont été assouplies et un délai d’abstinence d’un an avait été instauré, provoquant les critiques de plusieurs associations LGBT+ qui y voyaient une discrimination à leur égard. Celles-ci avaient même intenté un recours devant la Commission européenne pour dénoncer ce délai d'exception décrit par elles comme « insécurité juridique pour les personnes LGBT+ »

Tous les ans, 1,7 million de personnes donnent leur sang, générant 3 millions de dons. Chaque année, il faut recruter 170.000 nouveaux donneurs en moyenne pour avoir les 10.000 dons par jour nécessaires pour répondre aux besoins des malades. Un million de patients par an sont soignés chaque année avec des produits sanguins. Depuis 2016, les homosexuels peuvent donner leur plasma selon les mêmes critères que les autres donneurs.


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