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A Montpellier, le suicide de Doona, une étudiante trans, suscite la colère

Une jeune femme trans a mis fin à ses jours ce mercredi à Montpellier. Un syndicat étudiant étrille le Crous et le rectorat qui auraient failli dans leur accompagnement de l'étudiante.

C'est un acte désespéré d'une étudiante de 19 ans. Doona était en licence de psychologie à Montpellier. Originaire de Limoux, elle s'est donnée la mort en se jetant sous un train de la gare ce mercredi 23 septembre à 17 heures 30, sous les yeux de dizaines de passagers. Quelques instants plus tôt, la boursière aurait envoyé un message à des amis sur les réseaux sociaux. "Je vais au paradis", leur aurait-elle écrit d'après Midi Libre.

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Selon un courrier du SCUM, un syndicat étudiant montpelliérain, elle avait déjà tenté de mettre fin à ses jours à plusieurs reprises, raconte France 3. Dans une lettre adressée au directeur du Crous, le syndicat universitaire de Montpellier l'accuse de ne pas avoir suffisamment accompagné Doona. "Cette tentative de suicide fait suite à des tentatives précédentes dont vos services avaient été informés. Or, à la suite de la deuxième tentative de suicide, une assistante sociale du CROUS et un médecin scolaire étaient directement en lien avec Doona", raconte la lettre.

Un accompagnement dénoncé

"Il lui aurait été dit, lors de la réunion de ce mercredi 23 septembre, soit quelques heures avant son suicide, qu'elle ne pouvait pas recommencer sous peine d'être expulsée de son logement (la jeune étudiante était en effet logée dans la cité universitaire, ndlr). Nous espérons que le cynisme des assistantes sociales n'en est pas arrivé à ce point. Car une telle brutalité dans un moment de flottement, de questionnement et de crise existentielle d'un individu est tout bonnement inacceptable", écrit le syndicat étudiant avant de dénoncer la froideur de la "machine bureaucratique" du centre. Contacté par TÊTU, le Crous nie les menaces d'expulsions dont fait état le SCUM et des "allégations fausses".

Le Crous défend un accompagnement "renforcé"

L'académie et le Crous ont adressé un message de condoléances aux proches de Doona et s'est justifié. "Cette étudiante, résidente d’une cité universitaire du Crous, avait bénéficié d’un accompagnement renforcé de la part des services sociaux, comme des personnels assurant la gestion de la résidence du Crous de Montpellier-Occitanie, également éprouvés par ce drame et auxquels le soutien s’adresse également", écrivent-ils dans un communiqué.

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"Le service social, avec la médecine préventive de l’université, ont reçu Doona et ont mis en place un accompagnement psychologique renforcé pour lui permettre de surmonter ses difficultés, et de passer le cap de la transformation qu’elle avait choisie, le moins mal possible", ajoute le Crous. Une cellule psychologique a été mise en place.

"Nous parlons ici d'être humains et non pas de Pokemon. Votre terminologie est à revoir, vous parlez de "transformation", mais ce n'en n'est pas une", répond le SCUM. De nombreux internautes ont alors repris un mot-clef #CrousAssassin.

Le nom d'usage bientôt employé au Crous

"Moi-même et le personnel du Crous sommes très affectés par cette disparition de cette jeune femme. Les services étaient en contact quotidien avec Doona pour lui apporter son soutien. En aucun cas, il n'a pu être dit que ses droits à un logement étudiant ont pu être remis en cause", réagit la rectrice de l'académie de Montpellier, Sophie Béjean.

Elle souligne que l'université Paul Valery, dont faisait partie Doona, permet l'utilisation du nom d'usage depuis 2019. Une concertation doit être engagée à l'automne pour faire de même au sein du Crous. La rectrice encourage par ailleurs les étudiants à informer l'administration de chaque propos LGBTphobe afin que des sanctions soient prises.

 

Crédit Photo : Wikimedia Commons / Parisdreux


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