Dans les entrailles de nos fantasmes et du porno avec le sociologue Florian Vörös

Le sociologue Florian Vörös publie une enquête sur les fantasmes des hommes. À l'appui de dizaines d'entretiens avec des hétéros et des gays, il interroge notre rapport à la masturbation, au porno et à la masculinité. Rencontre.

Comment se construisent nos désirs ? Alors que nous consommons énormément de pornographie, le sujet est un tabou. D'ailleurs, au fond qu'est-ce qu'on regarde ? Comment voit-on un film X ? Entre la branlette rapide et le rituel codifié, Florian Vörös, enseignant-chercheur en sociologie à l'université de Lille, pose son regard sur nos fantasmes dans un essai qui paraît ce jeudi 5 novembre. Dans Désirer comme un homme, il interroge des dizaines d'hommes, blancs, de la classe moyenne et supérieure. Certains sont homos, d'autres hétéros. Ils ont en commun une chose : leur amour du porno et de la masturbation.

Florian Vörös partage un moment avec ces hommes, parfois des heures. Au cours de ces entretiens, il les amène à se livrer, à parler de leurs pratiques sans filtre mais sans complaisance. Certains hommes se cachent pour se masturber, utilisent le porno comme un sas de décompression dans la journée.  D'autres considèrent la pratique presque comme un sport collectif, une manière de faire groupe et de montrer leur virilité. Le désir et les fantasmes peuvent permettre de se sociabiliser autour d'un fétiche ou d'une communauté de fans.

Quoi qu'il en soit, l'auteur décrit des fantasmes autorisés et d'autres que l'on s'interdit, que l'on cache. Le docteur en sociologie en conclut que l'usage du porno conduit à créer des normes et une construction de l'identité gay et les interroge....


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