Barack Obama fait son mea culpa pour avoir utilisé l’insulte « pédé » quand il était ado

Dans ses mémoires parues mercredi, Barack Obama regrette d'avoir insulté ses camarades de "pédés". "C'était une manière de nous rassurer dans notre masculinité", écrit-il.

Une Terre promise, le livre de mémoire de Barack Obama publié ce mercredi est déjà un carton. Au passage, l'ancien président américain y fait quelques révélations. Barack Obama revient notamment sur ses propos dédaigneux à l'encontre des personnes LGBT+. Il admet que son  "attitude à l'encontre des gays, des lesbiennes et des personnes transgenres n'a pas toujours été particulièrement éclairée".

"Comme de nombreux ados à cette époque, mes amis et moi-même, nous nous lancions des mots comme "pédé" pour nous insulter. C'était une manière de nous rassurer dans notre masculinité et de cacher notre insécurité", écrit-il. "Une fois que j'ai été à l'université, que j'ai eu des camarades et des professeurs ouvertement homos, je me suis rendu compte de la discrimination et de la haine dont ils faisaient l'objet. J'ai ouvert les yeux sur la solitude et les doutes que la culture dominante fait peser eux eux. J'ai eu honte de mon attitude - et j'ai appris à avoir un meilleur comportement", poursuit-il cité par Pinknews.

Un bilan positif pour les personnes LGBT+

Lorsqu'il est devenu président, Obama a fait avancer les droit des personnes LGBT+. Il est notamment revenu sur la doctrine du "don't ask, don't tell", au sein de l'armée qui  empêchait les militaires de faire leur coming out. Le 44ème président des Etats-Unis a également œuvré pour mieux protéger les personnes LGBT+ de discriminations. Il a notamment fait voter une loi fédérale sur les crimes de haine en l'honneur de Matthew Shepard, un jeune gay sauvagement assassiné dans le Colorado en 1998. Barack Obama a également nommé à la Cour suprême, deux juges favorables à l'avancée des droits des personnes LGBT+. Ces magistrats ont permis de faire passer le Mariage pour tous au niveau fédéral.

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"Avec l'avortement, les armes et tout ce qui a rapport avec les sujets raciaux, les droits des personnes LGBTQ et l'accueil des migrants a été au coeur de la bataille culturelle américaine pendant des décennies. Notamment parce que cela pose une question fondamentale pour notre démocratie : est-ce que nous considérons que ces personnes appartiennent véritablement à la famille américaine ? Est-ce qu'ils méritent les même droits, le même respect et les mêmes égards que nous avons pour nous-même ?", interroge-t-il.

"Comment pouvais-je penser autrement ?"

Président, "je définissais cette famille au sens large. Cela inclut les personnes homosexuelles comme les hétéros, les familles de migrants qui ont pris racine ici et ont élevé leurs enfants ici, même s'ils ne sont pas arrivés par la grande porte. Comment pouvais-je penser autrement, alors que ces mêmes arguments avait été si souvent utilisés pour m'exclure ainsi que tous ceux qui me ressemblent ?"

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Dans son autobiographie, l'ancien président, révèle également que sa grande tante était en couple avec une femme. "J'ai grandi dans les années 70, à une époque où la vie des personnes LGBTQ était bien moins visible pour ceux qui n'appartenaient pas à la communauté. À cause de cela, tante Arlène, a été obligée de nous présenter sa compagne comme 'ma meilleure amie Marge' lorsqu'elle nous rendait visite à Hawaii, alors que ça faisait 20 ans qu'elles étaient ensemble".

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3 millions d'exemplaires aux US

Aux États-Unis, le premier tome des mémoires d'Obama a été tiré à trois millions d'exemplaires. Les imprimeurs américains qui ne pouvaient pas absorber un tel volume d'impression rapidement ont dû se tourner vers l'Allemagne où un million de copies ont été sorties des presses. Compte tenu de l'épaisseur - 848 pages - il a fallu trois navires marchand pour les acheminer jusqu'en Amérique. En France (ainsi qu'en Suisse et en Belgique), où il a été publié simultanément, Fayard a imprimé 200.000 exemplaires vendus 32 euros. Devenir de Michelle Obama s'était vendu à 500.000 exemplaires, selon franceinfo.

 

Crédit photo : Luke Vargas


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