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Pour cette candidate à la présidentielle au Ghana, la priorité, c’est de mettre les homos en prison

Au Ghana, où l'homosexualité est pénalisée, une candidate à l'élection présidentielle promet d'enfermer les homos... dans des cellules séparées pour éviter des "actes abjects".

Il ne fait pas bon être gay ou lesbienne au Ghana. Akua Donkor, candidate à l'élection présidentielle qui se déroule ce lundi, a promis d'enfermer les personnes homosexuelles si elle est élue. Heureusement, selon plusieurs médias sur place, elle a très peu de chances de l'emporter.

À l'entendre Akua Donkor, qui souhaite devenir la première femme présidente du Ghana, l'homosexualité est un péché. La candidate du parti Ghana pour la liberté ajoute que les homos devraient être séparés dans des cellules différentes pour qu'ils ne s'adonnent pas à leurs "actes abjects", rapporte GH Page.

"Je veux m'assurer qu'ils ne puissent pas entrer dans notre pays"

Cela pourrait être risible, si cette femme de 68 ans n'avait pas expliqué qu'arrêter les homos serait une priorité. "Mon premier sujet, quand je serai élue, c'est de m'occuper de la question de l'homosexualité au Ghana. Je veux m'assurer qu'ils ne puissent pas entrer dans notre pays. Je le ferai en arrêtant toutes les personnes impliquées dans de tels actes. Ils ne devront pas être enfermés dans les mêmes cellules, mais être séparés pour empêcher leurs actes abjects", a-t-elle déclarée.

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Lors de cette l'élection,"trois femmes, sont en lice, mais leurs chances de l'emporter sont minimes, alors que les deux principaux partis dominent la vie politique depuis l'instauration de la démocratie, il y a 28 ans", selon France 24. TV5 monde renchérit : "le Ghana, réputé pour être un exemple démocratique en Afrique de l'Ouest, se prépare à élire son président, dans un scrutin qui s'annonce particulièrement serré entre deux adversaires politiques de longue date". Nana Akufo-Addo brigue en effet un second mandat face à son prédécesseur John Mahama.

"Les personnes LGBT+ restent les victimes fréquentes de violences"

La loi de 1960, héritière de la colonisation britannique, est très claire. "Toute personne se livrant à des relations charnelles non naturelles (sic) encourt une peine de prison qui ne pourra pas être inférieure à 5 ans et supérieure à 25 ans."

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Mais selon Human Rights Watch (HRW), cette loi est peu appliquée. Malgré tout, "les personnes LGBT+ restent les victimes fréquentes de violences physiques et d’abus psychologiques, d’extorsion et de discrimination dans de nombreux aspects de leur vie quotidienne", indique un rapport de 2018.

"Incitation à la violence"

"Les propos homophobes exprimés par des représentants publics locaux et nationaux, par des chefs traditionnels et par des hauts dignitaires religieux fomentent la discrimination et, dans certains cas, incitent à la violence", déplore Wendy Isaack, chercheuse auprès du programme Droits de personnes LGBT+  au sein de l'ONG.

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Le Ghana est l'un des 70 pays à toujours criminaliser l'homosexualité.Selon le dernier rapport de l'ILGA,  70 pays  pénalisent encore l'homosexualité dont 32 en Afrique (dont le Gabon qui a engagé un processus de dépénalisation). Six pays imposent même la peine de mort, et dans cinq, elle est techniquement possible.

 

Crédit photo : Eli Ayeke / Unsplash


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