Nigéria : arrestation de 53 homosexuels accusés d'organiser un "mariage gay"

Accusés d’avoir organisé un « mariage gay », 53 homosexuels ont été arrêtés au Nigéria. Dans ce pays où l’homophobie est très forte, ils risquent 14 ans de prison.

Le 15 avril 2017, 53 homosexuels se sont réunis dans un motel situé entre Faruk et Sanusi, dans l’État de Kaduna au nord du Nigéria. Selon les autorités, ils s’apprêtaient à organiser un « mariage gay ». Une accusation que réfute les associations de défense des droits LGBT, à l’image de OutRight. Maia Sjodin, la directrice générale de l’ONG, pense qu’il s’agit d’une « excuse » de la police visant à « empêcher l’émergence d’un mouvement LGBT sur place ». Le groupe d’hommes, composés majoritairement d’étudiants âgés de 20 à 30 ans, a été arrêté avant que la « cérémonie » ait pu être célébrée, probablement dénoncés par un employé de l’établissement.
Les autorités les accusent de « conspiration, rassemblement illégal, et appartenance à un groupe anti-social » a indiqué un greffier à l’AFP. Les prévenus ont été présentés mercredi dernier devant la Cour de justice de Zaria. Durant l’audience, ils ont tous plaidé non-coupable avant d’être libérés sous caution par le juge Auwal Musa Aliyu, lequel a reporté le procès au 8 mai.

Un pays emprunt de religion et d’homophobie

En effet, depuis 2014 une loi – promulguée par l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan – interdit le mariage des personnes de même sexe ainsi que la « cohabitation entre même sexe ». Les peines encourues pour témoignage public de « relations amoureuses entre personnes de même sexe » peuvent aller de 10 à 14 ans de prison.
Bien que la loi n’ait jusqu’à présent condamné personne pour son homosexualité, elle a banalisé l’homophobie dans pays très religieux où chrétiens et musulmans condamnent de concert les relations entre personnes de même sexe.
Depuis 2000, certains États musulmans du nord du Nigéria sont autorisés à appliquer la charia. Celle-ci prévoit que l’acte de sodomie puisse être condamné par la peine de mort. En 2014, plusieurs hommes soupçonnés d’homosexualité avait été arrêtés et présentés devant la Cour islamique de Bauchi, au nord-est de la capitale nigériane. La population de la ville avait manifesté devant le tribunal et réclamé que la peine de mort soit appliquée. Le groupe avait cependant été libéré sous caution et l’affaire étouffée.
Des associations de défense des droits LGBT ainsi que la presse internationale avaient alors vivement dénoncé ces expéditions punitives contre les homosexuels ou présumés, lesquels qui sont traqués dans certaines régions nigérianes voire même livrés à la vindicte populaire.
 
Couverture : Arrestation d’homosexuels en mai 2016 dans la ville de Benin City au sud du Nigéria (Capture écran YouTube).

Puisque vous êtes ici… Nous avons une petite faveur à vous demander.

Vous êtes de plus en plus nombreux à lire TÊTU et nous en sommes très fier.e.s. Mais vous le savez sûrement, faire du bon journalisme, un journalisme LGBT différent, honnête, de qualité, et critique coûte de l’argent.Et contrairement à la majorité des médias, TÊTU n’appartient pas à un grand groupe de presse. TÊTU est un média indépendant. Si vous aimez ce que vous trouvez dans nos pages. Si vous pensez qu’un média LGBT+ doit exister en France. Si vous êtes exigeant et voulez découvrir des contenus plus ambitieux. Aidez-nous à faire un bon média.

Abonnez-vous à TÊTU à partir de 5,90€/mois. Merci !


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail