#MeTooGay : pourquoi c’est ENFIN le moment d’avoir une conversation sur le consentement

Plus de trois ans après #MeToo, de nombreuses victimes de violences et d'agressions sexuelles de la communauté gay ont brisé le tabou sur les réseaux sociaux grâce au hashtag #MeTooGay. Un réveil tardif mais salutaire.

Comme une traînée de poudre. Jeudi 21 janvier, après le témoignage d’un jeune homme tweetant avoir été violé par un élu PCF de la Mairie de Paris et son compagnon, plusieurs twittos ont raconté leurs propres expériences de viols et d’agressions sexuelles avec le mot-clé #MeTooGay.

Parmi eux, Jérémie, 27 ans, qui nous explique y avoir vu l’opportunité d’un changement structurel : “En voyant les témoignages affluer, j’ai trouvé cela bouleversant et utile, alors je l’ai fait à mon tour. Non parce que j’en ressentais le besoin personnel, mais pour soutenir et encourager ce mouvement naissant. Pour que d’autres victimes se reconnaissent dans mes mots et se sentent moins seules. Pour contribuer à créer un appel collectif de remise en question de notre communauté.”

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Crainte de réveiller l'homophobie 

“Je redoutais de parler de peur de jeter l’opprobre sur notre communauté qui galère déjà bien par ailleurs, à cause de l’homophobie qui la stigmatise et contribue à l’hypersexualiser”, redoutait le jeune homme qui travaille dans les politiques publiques. “Parler de violences sexuelles, c’était s’exposer à ce que cela soit récupéré et instrumentalisé contre nous, pour recriminiliser ou repathologiser l’homosexualité. C’est comme si les précédents #MeToo nous avait aidés à maturer ces questions et les risques spécifiques qu’elles comprennent pour notre communauté.”

Ce délai de réflexion explique peut-être en partie pourquoi le mouvement n’avait pas pris autour du hashtag #GayToo qui essaimait au moment de l’affaire Kevin Spacey en octobre 2017, ni en juin 2018, date de la première occurrence du hashtag #MeTooGay.

En s'interrogeant sur les raisons de ce silence dans un article, “À la recherche du #MeToo Gay” publié par Vice en septembre 2020, Matthieu Foucher a contribué à cette impulsion retardée : “L’article avait été extrêmement relayé dans la communauté mais n’avait pas été suivi par une telle vague de témoignages. Il rassemblait des clés de compréhension et de réflexion, notamment à propos de la surreprésentation des gays parmi les victimes de violences sexuelles dans l’enfance.” Il cite l’enquête Virage, menée par l’Institut National d'Études Démographiques (INED), qui chiffre que 6% des gays et 5,4% des bis déclarent en avoir subies, contre 0,5% des hommes hétérosexuels, et 2,5% des femmes hétérosexuelles....


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