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La ville de Paris va mettre en place un plan de réduction des risques liés au chemsex

Le Conseil de Paris a voté la demande d'un plan d'information et de réductions des risques liés au chemsex. La pratique, qui associe consommation de stupéfiants et sexe, fait des ravages dans la communauté LGBTQI+.

Cette semaine, le Conseil de Paris a été dominé par une polémique liée à l'attribution d'une place à Claude Goasguen, ancien maire homophobe du 16ème arrondissement. Mais ce jeudi a également été voté un vœu inédit pour adopter un "plan d'information et de réduction des risques sur le chemsex" avant fin 2021.

Une absence de données fiables

Il n'est pas rare de voir sur les applis, des personnes qui proposent de prendre des substances lors de rapports sexuels. La pratique semble même grimper en flèche. Avec le confinement, la solitude, l'ennui, certaines personnes ont témoigné ne plus maîtriser leur consommation. Pour faire face à ce que certains comparent à l'épidémie de sida, la ville de Paris entend mettre en place des outils d'information et de réduction des risques. Une première, selon un proche de Jean-Luc Romero-Michel, l'adjoint qui porte le sujet.

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Dans son vœu, voté à l'unanimité, Jean-Luc Romero-Michel pointe "l'absence de données consolidées et fiables sur l'ampleur du phénomène". "Les retours des associations de terrain permettent de poser un constat d'existence de sex-parties faisant courir des risques mortels à leurs participant·e·s, du fait de la combinaison de plusieurs facteurs (prévention sexuelle inappropriée au contexte, connaissance partielle ou insuffisante des dangers liés à l’usage des drogues et à leurs combinaisons, forte prévalence au VIH, VHC et autres IST)", note l'élu parisien qui a lui-même perdu son mari, Christophe, des suites d'une overdose.

Un tabou total

"On est dans le tabou total, personne n’en parle, à part quelques assos spécialisées et les médias communautaires. Pas un seul ministre de la Santé n'a quelque chose a dire là-dessus, alors qu'il est urgent d'informer les gens sur le chemsex, et plus largement sur les drogues de synthèse", disait Jean-Luc Romero-Michel auprès de TÊTU début juin. "La situation aujourd'hui a atteint un niveau d'inquiétude inégalé par la fréquence et la gravité des situations rencontrées", renchérit Thibaut Jedrzejewski, médecin généraliste au 190 dans Slate.

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Ainsi, la mairie de Paris doit réunir les associations qui travaillent sur le sujet "pour mieux appréhender le phénomène et proposer ensemble des modes d'action ayant fait leurs preuves" et l'exécutif parisien doit mettre en place, avant la fin de l'année 2021 "un plan d'information et de réduction des risques".

 

Une question ? Aides a mis en place une ligne spéciale chemsex sur WhatsApp ou Signal au 07 62 93 22 29, disponible 24h/24. 

 

Crédit photo : Capture d'écran Aides / Joff


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