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À écouter : le nouveau podcast « La Vie Humaine » explore les dessous du chemsex

Dans le premier épisode de son podcast intitulé "Sexparty – Tous ensemble tous seuls", le journaliste Jérôme Massela passe au crible les facettes plurielles de la pratique du chemsex. Un recueil de témoignages nécessaire.

"Je fais régulièrement des overdoses au GHB" est l'une des phrases que l'on peut entendre dans La Vie Humaine. Elle témoigne parfaitement de la détresse des usagers de chemsex. Pour son épisode inaugural, le podcast de Jérôme Massela s'empare de cette thématique brûlante. Ce mot-valise – qui est la contraction de chemical, soit les produits chimiques, et de sex – désigne les pratiques à risques associant rapports sexuels et usage de drogues. Pour parler au mieux de ce phénomène qui grandit dangereusement au sein de la communauté gay, le journaliste a ainsi recueilli cinq témoignages qui dressent un panorama sensible de la situation.

Une ampleur encore méconnue

"Une partie de l'épisode a été enregistrée à Toulouse parce que je ne voulais pas qu'on puisse se dire que c'était quelque chose d'uniquement parisien, avance le créateur du podcast. J'ai vraiment voulu enfoncer le clou pour qu'on comprenne que c'était un vrai sujet. Il s'agit d'un phénomène bien réel, pas d'un micro-phénomène". Au fil de l'épisode, les voix des témoins se succèdent sans qu'il y ait d'interruption. Par choix, Jérôme Massela n'a pas voulu se confier un rôle d'animateur. "Je les coupais parfois pour leur demander d'ajouter des repères temporels afin que je n'ai pas besoin d'intervenir au montage, dit-il. Je veux que le témoin parle dans l'oreille de l'auditeur". Une démarche volontairement intimiste qui porte ses fruits.

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Grâce à un montage fluide, les trois chemsexeurs interrogés se livrent à nous. Ils évoquent leur vision de la pratique, leurs dérives, les hauts comme les bas. Très bas. Des récits de vie singuliers qui risquent, pourtant, de faire écho auprès de nombreux auditeurs. En concevant ce premier épisode de La Vie Humaine, Jérôme Massela avait défini trois angles à valoriser en priorité. D'une part, il s'agissait de montrer que le chemsex touche ce qu'il appelle des "gentils garçons", sous-entendant que ses adeptes ne correspondent pas au stéréotype du junkie. Puis, souligner "la sauvagerie des pratiques" pour cerner les extrêmes du chemsex. Et, enfin, souligner le fait "qu'il n'y a pas de pont entre les deux mondes : tu es soit dedans, soit dehors".

Humanité et neutralité

Une passerelle entre deux univers, voilà ce qu'espère créer le journaliste avec La Vie Humaine. Selon lui, la notion de chemsex n'est connue que par une frange de la population et les médias spécialisés se saisissent déjà de cette question-là. Celles et ceux qui sont les moins au fait sont, sans surprise, les hétéros. "Le problème quand on veut parler de ce sujet, c'est qu'il y a une tentation sensationnaliste, explique Jérôme Massela. Je n'ai pas réussi à trouver d'article qui me touchait. C'est pourquoi j'ai commencé l'épisode avec un récit. L'auditeur se fait en quelque sorte embarquer et on arrive à traiter du problème".

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Avant de créer ce podcast en totale indépendance, Jérôme Massela avoue avoir tenté de proposer le sujet du chemsex à des grands titres de presse. "J'ai sollicité des productrices de France Culture et de France Inter pour leur dire qu'il fallait absolument s'intéresser à ce sujet mais on n'a pas réussi à se comprendre", déplore-t-il. Son aventure solo est alors née. "Je considère qu'il y a deux types de personnes qui parlent du chemsex : les médecins et associations d'un côté, les gens qui consomment de l'autre, ajoute-t-il. Moi, je ne suis ni l'un ni l'autre et je pensais vraiment pouvoir apporter une espèce de neutralité". Pari réussi.

Paru le 9 mars dernier, l'épisode "Sexparty – Tous ensemble tous seuls" de La Vie Humaine est également disponible sur Apple Podcasts, Spotify ou Deezer.

Crédit photo : Michael Longmire via Unsplash


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