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Au Kurdistan irakien, les assos sonnent l’alarme après des arrestations de personnes LGBTQI+

La police de Sulaimani, au Kurdistan irakien, a mené une opération pour "empêcher l'homosexualité dans la ville". Elle a ensuite assuré qu'il s'agissait d'arrêter les travailleur·se·s du sexe. Les associations LGBTQI+ sont inquiètes.

La communauté LGBTQI+ de la ville de Sulaimani, dans le nord du Kurdistan irakien, craint pour sa sécurité. Jeudi dernier, des forces de sécurité ont engagé une vague d'arrestations de personnes prétendument LGBTQI+ pour "immoralité", selon la chaîne de télévision kurde Rudaw.

"Il a été décidé que cette nuit, une opération va être menée pour empêcher l'homosexualité dans la ville de Sulaimani, cette opération sera en coopération avec toutes les forces de sécurité", a indiqué jeudi 1er avril, à la télévision locale Pshtiwan Bahadin, responsable de l'opération.

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"Nous avons promis à notre peuple que nous ne laisserons personne enrayer la sécurité de cette ville. Nous allons continuer nos efforts cette nuit et toutes les autres. Et nous allons enquêter sur des personnes sous mandat d'arrêt, qui commettent des actes destructeurs et qui veulent ruiner notre ville", ajoute-t-il.

Endiguer la prostitution, selon la police

Après ces propos, la police de la ville a indiqué dans un communiqué que l'opération des forces de l'ordre avait pour but de combattre la prostitution. "Notre but est d'endiguer ce phénomène (la prostitution, ndlr) mais pas de viser un groupe ou un sous-groupe", dit le communiqué. À ce jour, le nombre de personnes arrêtées n'a pas été dévoilé.

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"Nous ne sommes pas en sécurité. J'avais peur de sortir, d'être arrêté à un checkpoint", a indiqué à Rudaw Ali Zhiar, directeur exécutif de Yeksani, une association LGBTQI+. Les forces de sécurité arrêtaient des gens sur une présomption d'homosexualité, sans même que ces personnes aient fait quelque chose de mal".

"Nous sommes très inquiets, d'une représentation faussée de la communauté LGBT+ et entretient le mythe que les personnes LGBT+ sont tous des travailleur·se·s du sexe. Appeler une opération 'arrêter des gay', c'est très différent d'arrêter des travailleur·se·s du sexe. Nous voudrions également souligner que les travailleur·se·s du sexe ont droit à la protection également, les droits humains doivent s'appliquer à tous, en dépit de la profession", a écrit l'association sur Twitter.

"Les personnes LGBTI font face à des actes d'intimidation"

Le Premier ministre adjoint, Qubad Talabani, a lui aussi réagi. Interpellé sur twitter, il a déclaré "je crois que tous les citoyens, en dépit de leur race (sic), de leur religion, de leur genre (ou leur préférence de genre), leur origine ethnique ou leur préférence sexuelle (sic) ont le droit à des droits équivalents, partout dans le monde et en particulier au Kurdistan".

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"Les personnes LGBTI font face à des actes d'intimidation, de menaces, de violences et de discriminations dans le Kurdistan irakien. Des personnes ont indiqué qu'elles ne peuvent pas vivre dans craindre des violences de la part de leurs familles, de proches ou d'inconnus. En septembre 2019, l'organisation Rasan a publié un documentaire à propos de l'impact du Covid-19 sur ces personnes", pointe un rapport du gouvernement américain sur le kurdistan irakien publié fin mars.

 

Crédit photo : Wikimedia commons


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