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Agnès Cerighelli à nouveau condamnée pour des tweets à caractère homophobe

Agnès Cerighelli, ancienne élue de Saint-Germain-en-Laye a été condamnée pour des propos diffamatoires à l'égard du photographe Olivier Ciappa. Elle devra verser 17.900 euros d'amende.

Agnès Cerighelli a de nouveau été condamnée. Le tribunal correctionnel de Paris l'a jugé coupable de "diffamation", de "tentative de chantage" et de "contrefaçon de droit d'auteur". Elle devra verser 17.900 euros d'amende au photographe Olivier Ciappa, à Stop homophobie et à l'association Mousse. La justice a également retenu le caractère homophobe des propos, selon l'avocat de Mousse.

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Les 6 et 9 juin 2019, l'ancienne élue des Yvelines a publié sur son compte Twitter plusieurs messages diffamant le photographe, connu pour ses portraits de personnes LGBTQI+. Elle a ainsi écrit : "Ce couple LGBT est criminel. Il a acheté illégalement (sic) un ovocyte à l’étranger puis a loué un ventre féminin (sic) pendant 9 mois. Il a ensuite délibérément privé une petite fille de sa maman (sic). Il se vante maintenant sur Twitter d’avoir violé la loi FR qui interdit la GPA. Honteux !!!". 

Tentative de chantage

Elle joignait alors une photo d'Olivier Ciappa sans son consentement. "Il est scandaleux que l’activiste Olivier Ciappa qui a violé la loi FR en achetant illégalement une GPA à l’étranger (sic) et qui vit du commerce juteux de la photographie LGBT (sic) me traite de haineuse. Seul l’intérêt supérieur des enfants me guide. Ses viles accusations sont infondées", écrit-elle dans un autre tweet. Si le photographe est bien un militant LGBTQI+, ce n'est pas un fille né d'une GPA qui est prise en photo, mais de sa nièce.

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Selon Me Étienne Deshoulières, l'avocat de Mousse partie civile, Agnès Cerighelli "avait tenté de dissuader Olivier Ciappa de porter plainte en le menaçant de divulguer des données qui avaient été piratées sur son ordinateurs. Ces menaces lui ont valu une condamnation pour tentative de chantage." L'ancienne conseillère municipale de Saint-Germain-en-Laye a jusqu'au 25 avril pour faire appel. Pour l'heure, l'élue n'a pas commenté cette décision de justice.

Hasard du calendrier, Agnès Cerighelli a été condamnée un mois plus tôt pour s'en être pris à Marlène Schiappa, indique actu.fr. Sur Twitter, elle qualifiait la ministre "d’auteure de livres pornographiques" et jugeant que la loi Schiappa "avait légalisé la pédophilie en refusant d’inscrire un âge précis de consentement sexuel".

Une condamnation en 2020

Concernant l'homophobie aussi, ce n'est pas la première fois qu'Agnès Cerighelli est condamnée. En février 2020, elle avait été poursuivie par plusieurs associations LGBTQI+ et condamnée en première instance. Toujours sur Twitter, elle parlait de "glorification des trans", de "l'invention des LGBTphobies pour 'homosexualiser' (sic) la jeunesse française". Sans surprise, elle criait au "lobby LGBT".

"En 1941, le nazi Heydrich impose à tout juif de plus de 6 ans de porter l’étoile de David sur son vêtement. En 2019, la secte LGBT impose à tous ses membres de porter un pansement arc-en-ciel sur le visage pour afficher son prosélytisme et son communautarisme sexuels. Honteux ! ", lâchait-elle.

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À l'audience, l'élue s'était défendue en parlant de liberté d'expression. Le procureur de Versailles avait alors répondu : "Ce sont des injures publiques au sujet de l’orientation sexuelle. C’est réduire l’individu au néant quand on le qualifie de lobby, de secte ou de communautarisme. C’est une réflexion de bas niveau sur Twitter. Avoir 13 000 abonnés n’est pas gage de qualité dans la société dans laquelle nous vivons. C’est une argumentation aussi pauvre que le cerveau qui l’a porté."

Les tweets discriminatoires ont valu à Agnès Cerighelli une amende de 4.000 euros dont 2.000 euros avec sursis. Après ses multiples condamnations l'élue a été suspendue de Twitter. Mais Agnès Cerighelli dispose toujours à ce jour d'une page Facebook.

La haine en ligne domine

"Rappelons que les propos pour lesquels Agnès Cerighelli a déjà été condamnée ne constituent qu’une infime partie des tweets méprisants à l’encontre des personnes LGBT+ qu’elle a diffusé régulièrement sur internet. Malgré la suspension de son compte Twitter, elle a continué à répandre sa haine homophobe par d’autres moyens", dit aujourd'hui l'avocat de Mousse. "C’est une première dans les procès de harcèlement en ligne que la somme soit si élevée ", s'est félicité Olivier Ciappa.

Joint par TÊTU, le photographe, qui a récemment annoncé sa transition sur les réseaux sociaux, demande à ce que "pour le moment" on continue d'employer le genre masculin pour se référer à lui.

Dans son dernier rapport sur les LGBTIphobies, SOS homophobie indique qu'internet est le premier vecteur de LGBTIphobie. 31% des d'actes LGBTIphobes rapportés ont lieu sur internet. La loi Avia était censée obliger les plateformes à modérer les contenus qui appellent à la haine. Mais sa rédaction a été censurée en grande partie par le Conseil constitutionnel.

 

Crédit photo : Capture d'écran Facebook


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