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A Paris, un vote appelle à « tout mettre en œuvre » pour racheter le Tango

Le Conseil d'arrondissement de Paris Centre a voté à l'unanimité un vœu exhortant la mairie centrale à "tout mettre en oeuvre" pour racheter le Tango, notre fameuse boîte à frissons.

C'est une unanimité. Le Conseil de Paris Centre a voté ce mardi 18 mai un voeu enjoignant à l'équipe d'Anne Hidalgo de "tout mettre en oeuvre" pour sauver le Tango. L'institution des nuits gay et queer de la rue au Maire est menacée de fermeture depuis que les propriétaires de l'immeuble qui l'abrite ont annoncé en janvier dans TÊTU sa mise en vente. Après dix mois de fermeture pour cause de Covid, la famille à sa tête ne pouvait plus essuyer les dettes. La mairie de Paris devrait acquérir l'immeuble pour transformer une partie en logement social et préserver, au rez-de-chaussée, le Tango.

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"Pour faire du logement social et maintenir un point central de la vie LGBTQI+, nous souhaitons demander à la ville de Paris de mettre tout en oeuvre pour permettre l'acquisition de l'immeuble", a déclaré Gauthier Caron-Thibault, conseiller de Paris. L'élu parisien confirme par ailleurs : "Nous nous sommes rapprochés des propriétaires et avons engagé des discussions en vue d'acquérir le bien". Un collectif, le Tango 3.0, s'est créé autour de Hervé Latapie, l'animateur depuis plus de 20 ans du lieu, afin d'y maintenir les activités festives.

Paris peut préempter la vente du Tango

Après cinq mois de négociations, celles-ci sont toujours en cours. "Plusieurs offres nous ont été faites", confirmait à TÊTU le propriétaire, Alexis Carcassonne, début mai. Parmi celles-ci, une proposition de la ville mais certaines offres étaient supérieures à celle de Paris, donc plus intéressantes pour le propriétaire du Tango. "La ville dispose d'un pouvoir de préemption", nous rappelle néanmoins une source municipale. Autrement dit, Paris peut casser la vente et imposer un prix plus bas que l'offre initiale, d'où l'intérêt pour le propriétaire d'accepter l'offre.

Si la mairie acquiert le local, elle devrait ensuite le louer à une association. "Nous n'avons pas vocation à être animateurs", a relevé Gauthier Caron-Thibault lors du conseil municipal. En revanche, rien n'a fuité concernant le prix de vente de l'immeuble. "Nous ne pourrons pas racheter tous les clubs. Lorsque nous sommes propriétaires des établissements, comme avec le Rosa Bonheur, nous avons fait des ristournes. Nous mettons également en place un fonds avec la BPI (banque publique d'investissement) pour recapitaliser des entreprises parisiennes dans lequel nous investissons 2,5 millions d'euros", nous a expliqué Frédéric Hocquard, adjoint de la maire de Paris en charge du tourisme et de la vie nocturne.

Un lieu communautaire incontournable

Des Républicains à Paris en Commun en passant par La République en Marche, tous les groupes de paris Centre ont voté le vœu. Des conseillers présents ont rappelé les soirées qu'ils ont passées au Tango, à titre personnel. Pour de nombreuses personnes LGBTQI+ arrivant à Paris, le Tango est le premier lieu communautaire dans lequel on met les pieds, pour une danse de salon, un Madison, un drag show, une nuit à danser tout son saoul… Pas étonnant, dès lors, qu'à l'annonce de la vente de l'immeuble, des soutiens se soient manifestés pour sauver ce lieu emblématique.

Andy racontait ainsi à TÊTU qu'arrivé de banlieue il y a une dizaine d'années, c'est au Tango qu'il a vécu ses premières nuits queer.  "Je faisais semblant de lire des messages sur mon téléphone, dans un angle de rue. Un groupe de garçons a commencé à me parler et à me proposer d'aller au Tango. Une fois à l'intérieur, c'était magique : des garçons s'embrassaient, certains étaient travestis, ils dansaient... Tout un monde s'offrait à moi !". Espérons que ce monde survive au Covid-19.

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Crédit photo : Аида Тикиева / Unsplash


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