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Droits LGBT en Hongrie : Viktor Orban annonce un referendum sur « la protection de l’enfance »

Droits LGBT en Hongrie : Viktor Orban annonce un referendum sur "la protection de l'enfance"

Le Premier ministre hongrois appelle à la tenue d'un referendum sur la "protection de l'enfance". Mi-juin, la Hongrie a adopté une loi limitant les droits des personnes LGBTQI+, associant homosexualité et pédophilie.

Le Premier ministre hongrois a annoncé, ce 21 juillet sur sa page Facebook la tenue d'un référendum sur la "protection de l'enfance", à quelques jours de la Marche des fiertés de Budapest en Hongrie. Ce referendum intervient après le vote d'une loi associant homosexualité et identité de genre et pédophilie. Il n'a pas encore annoncé de date pour cette consultation.

Cinq questions seront donc posées aux électeurs Hongrois. "Les enfants doivent-ils participer à des activités autour de l'orientation sexuelle sans consentement parental ?", "Soutenez-vous la promotion auprès des enfants de la chirurgie de réassignation de genre ?", "Pensez-vous que la chirurgie de réassignation doit être accessible aux enfants ?", "Soutenez-vous que du contenu non contrôlé soit montré à des enfants, qui pourrait influencer leur développement sexuel ?", "Soutenez vous que le changement de genre (sic) soit montré dans les médias ?"

Ce referendum ne mentionne pas directement la loi LGBTphobe, mais ses intentions ne font pas de doute pour les militants LGBTQI+. "Viktor Orban tente de faire taire la communauté LGBTQI+ parce que les mouvements pour l'égalité des droits sont une menace à son autoritarisme", indique auprès de TÊTU Remy Bonny, le directeur exécutif de Forbidden Colors, une asso de lutte pour les droits LGBTQI+ en Europe. "C'est une surprise pour nous, nous sommes indignés", dit à TÊTU Budapest Pride, qui organise la Marche des fiertés ce samedi 24 juillet. " C'est un outil qui va diviser la société hongroise et générer de la haine".

La communauté LGBTQI+ dans le placard

"Ce referendum met la communauté LGBTQI+ dans le placard, mais surtout, il met en danger les droits élémentaires des enfants. Beaucoup trop d'adolescents se sont donnés la mort à cause de la bigoterie de Viktor Orban", pointe Rémy Bonny qui appelle à boycotter le referendum. En effet, pour être valide, le referendum doit rassembler au moins 50% des votants. "On pense que le vote invalise est la meilleure réponse de la part des citoyens", confirme Budapest Pride. "Organiser un referendum pour retirer des droits fondamentaux nous rappelle l'Europe des années 1930", déplore-t-il.

La Hongrie est au coeur des préoccupations européennes concernant le respect des droits des personnes LGBTQI+. Mi juin, elle a adopté des amendements à une loi interdisant "la promotion de l'homosexualité" auprès des mineurs. Cette loi a fait l'objet de vives critiques de la part des dirigeants européens. La Présidente de la Commission européenne l'a qualifié de "honte", quelques jours avant de lancer deux procédures d'infraction contre la Hongrie et la Pologne.

"La Hongrie a aussi adhéré à l'UE par référendum"

"Chaque gouvernement est libre d’organiser un référendum. Les questions posées révèlent toutefois une stratégie d’amalgame et de confusion manifeste, parlant par exemple de 'contenus sexuels sensibles' sans précision. La Hongrie a aussi adhéré à l’UE par référendum et à ses traités qui comportent des valeurs communes claires, dont l’égalité et la non discrimination", indique auprès de TÊTU le ministre français en charge des affaires européennes, Clément Beaune.

"Viktor Orban veut régir la manière dont les parents éduquent leurs enfants. Il empêche des supports d'être donnés aux enfants au prétexte qu'une prétendue majorité de parents n'y sont pas favorables. On revient loin en arrière. Orban se prétend démocrate pour imposer des restriction de libertés de tous", analyse l'eurodéputé (Renew) Pierre Karleskind.

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"La Commission est prise dans un étau. Le gouvernement de Orban lui fait la guerre, mais elle ne peut pas répondre frontalement. Si elle le faisait, ce serait tomber dans le piège de Orban qui dénonce des atteintes à la souveraineté de la part des institutions européennes", indique à TÊTU une source au sein de la Commission. Cette source rappelle que sous Jean-Claude Juncker, Orban avait également lancé un referendum sur la politique migratoire. À l'époque, le premier ministre hongrois n'avait pas réussi à recueillir le quorum de 50% de votants pour faire adopter son referendum.

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Mise à jour, le 21 juillet à 15heures : ajout de l'analyse de Pierre Karleskind

Mise à jour, le même jour, à 22 heures : ajout de la réponse de Clément Beaune

 

Crédit photo : Capture d'écran Facebook


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