PMA pour toutes"Merci" : une campagne poignante pour appeler au don de sperme et d'ovocytes

Par Tessa Lanney le 21/10/2021
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L'Agence de la biomédecine lance une grande campagne d'information et de sensibilisation au don de gamètes. L'ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples lesbiens nécessite en particulier que plus d'hommes se portent volontaires à donner leurs spermatozoïdes.

Ça y est, les couples lesbiens et les femmes célibataires peuvent enfin recourir à la procréation médicalement assistée (PMA). Mais qui dit augmentation des demandes dit aussi besoin plus important de donneurs. L'Agence de la biomédecine lance donc ce jeudi 21 octobre une campagne d'information et de sensibilisation du grand public au don de gamètes : ovocytes et surtout, donc, spermatozoïdes.

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En 2019, 317 hommes ont donné leur sperme, un nombre déjà en baisse de 18%. Or pour s'assurer de couvrir les besoins à venir, il faudrait viser un doublement, soit quelque 400 volontaires en plus par an, a indiqué à TÊTU Catherine Guillemain, présidente de la fédération française des CECOS (les Centres d'étude et de conservation des oeufs et du sperme humains, qui gèrent les dons de gamètes et d'embryons). "Avec la nouvelle loi, de plus en plus de personnes pourront faire appel à la PMA. Aujourd’hui, plus que jamais, ils comptent sur vous", lance la campagne, dont le message est basé sur la gratitude des personnes qui bénéficieront de cette générosité : "Merci".

Don de sperme et accès à l'identité

Outre l'augmentation mécanique du besoin de gamètes mâles, l'Agence anticipe aussi que le changement des conditions d'accès aux origines, introduit par la loi bioéthique qui a ouvert la PMA, ne refroidisse des ardeurs. En effet à partir du 1er septembre 2022, le donneur devra consentir à fournir son identité ainsi que des "données non identifiantes" à son sujet (âge, état général, situation familiale, pays de naissance, motivations du don). La personne issue du don pourra en demander l'accès à sa majorité. D'autres "informations médicales non identifiantes" ne seront accessibles, "en cas de nécessité médicale", que par un médecin, au bénéfice du donneur ou bien de la personne issue du don.

Or selon une étude tirée du baromètre Viavoice d’opinion 2021 sur les Français et le don de gamètes, le fait que l'identité du donneur puisse être révélée à l'enfant à sa majorité est le principal frein au don chez les hommes en âge de donner. "Dans les pays qui ont levé l’anonymat, il y a eu une chute du don la première année, nous a confirmé Alexandre Urwicz, président de l'Association des familles homoparentales. Mais dès la deuxième, les stocks étaient revenus à leur niveau initial."

"Je ne cherche pas un parent mais des réponses."

L'Agence de la biomédecine tient donc à rassurer les potentiels donneurs. Il ne s'agit pas de tomber, un matin sur le pas de sa porte, sur un jeune adulte réclamant un père. D'ailleurs, rappelle la campagne, aucune filiation ne peut être établie entre le donneur et l'enfant, qui reste quoi qu'il arrive celui de la personne ou du couple qui l'a suffisamment désiré pour se lancer dans un processus de PMA, puis qui l'a élevé et aimé. "Je suis né·e grâce à un don de spermatozoïdes / d’ovocytes. Aujourd’hui, je ne cherche pas un parent ; mais des réponses", souligne ainsi la campagne. Afin de répondre aux interrogations sur le don de spermatozoïdes, un site a été mis en place ainsi qu'un compte Instagram.

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Crédit photo : Agence de la biomédecine