écoleSuicide de Dinah : une enquête ouverte pour "harcèlement", la mère pointe l'institution scolaire

Par tetu le 26/10/2021
dinah,suicide dina,harcelement scolaire,haut rhin,mulhouse,homophobie,kingersheim

Les parents de Dinah, l'adolescente qui s'est suicidée début octobre dans le Haut-Rhin, décrivent un terrible et incessant harcèlement subi par leur fille durant deux années au collège, à base notamment d'insultes homophobes et racistes.

Comment Dinah a-t-elle pu subir le harcèlement décrit par ses proches sans qu'aucune autorité ne parvienne à lui venir en aide ? La procureure de Mulhouse a annoncé ce lundi 25 octobre avoir confié une enquête pour "harcèlement" après le suicide par pendaison début octobre de la lycéenne de 14 ans à Kingersheim, en Alsace. Dans un premier temps, le parquet avait été saisi d'une enquête pour "recherche des causes de la mort".

Lors de la marche blanche en mémoire de sa fille dimanche, qui a réuni plus d'un millier de personnes à Mulhouse, la mère de Dinah a de nouveau mis en cause devant la presse plusieurs des camarades de la lycéenne. Invitée lundi soir sur le plateau de Touche pas à mon poste, avec son fils Rayan, elle a expliqué : "Ma fille avait des idées noires, elle ne supportait plus d’aller à l’école. Les confinements lui ont fait reprendre confiance en elle, mais dès qu’il a fallu retourner à l’école, ça y est c’était reparti"

À lire aussi : Suicide de Dinah : le bouleversant témoignage de la mère de l'adolescente victime de harcèlement scolaire

Dinah victime de racisme et d'homophobie

Ce qui était reparti, selon ses proches, c'est un harcèlement en règle que la jeune fille subissait depuis la classe de quatrième, notamment pour avoir confié à ses camarades son homosexualité. Dinah subissait des insultes "racistes ou à caractère homophobe, a précisé son père à l'AFP, citée par Le Monde. Dans sa classe, il y avait deux élèves qui la soutenaient, les autres la descendaient".

"Ils m'ont demandé si ce n'était pas Dinah qui en faisait trop"

Sa mère, Samira, reproche aussi au corps enseignant d'avoir "fermé les yeux" sur le drame vécu par sa fille. Elle assure avoir prévenu le collège où a commencé selon elle le harcèlement il y a deux ans. Dans un premier temps, explique-t-elle, "ils m'ont demandé si ce n'était pas Dinah qui en faisait trop". Puis après une première tentative de suicide de l'adolescente en mars 2021, quand sa mère menace de porter plainte contre l'établissement, "ça s'est retourné contre moi", accuse Samira, qui met en cause le comportement de l'équipe pédagogique par la suite.

Un témoignage qui rappelle beaucoup celui de Yanis, l'adolescent passé à tabac fin septembre à Montgeron (Essonne). Egalement invité sur le plateau de Cyril Hanouna, le garçon avait aussi raconté ses vaines tentatives d'alerter le corps enseignant, ses plaintes également au commissariat, "une dizaine", toutes "sans suite".

À lire aussi : Yanis, victime de l'agression homophobe à Montgeron, décrit l'enfer de nombreux garçons dès le collège

"C'est important que nous allions vérifier tous ces éléments-là", a déclaré la procureure Edwige Roux-Morizot. L'enquête a été confiée au commissariat de Wittehnheim (Haut-Rhin) ainsi qu'à l'office centrale de lutte contre la haine en ligne afin de "rechercher un certain nombre d'éléments dans le téléphone et dans l'ordinateur" de l'adolescente.

À lire aussi : Quand l'école devient un enfer : le terrible quotidien de Thomas, victime de harcèlement scolaire

Capture d'écran TPMP