santéMonkeypox : deux décès recensés en Espagne, faut-il s'inquiéter ?

Par Nicolas Scheffer le 02/08/2022
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Deux espagnols atteints de variole du singe (monkeypox) sont décédés, ont annoncé les autorités ce weekend. Pour autant, le lien entre la variole du singe et les décès n'est pas établi. Ils s'ajoutent au patient brésilien et aux cinq morts en Afrique.

Huit personnes atteintes du monkeypox sont décédées dans le monde sur les 18.000 cas détectés depuis début mai. Vendredi puis samedi, les autorités espagnoles ont annoncé la mort de deux hommes, qui représentent les premiers décès en Europe de patients atteint de la variole du singe. Le centre de coordination des alertes et des urgences sanitaires a pointé dans son dernier rapport que "parmi les 3.750 patients (espagnols, ndlr) 120 cas ont été hospitalisés (3.2%) et deux sont décédés".

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Les deux hommes étaient "jeunes" et atteints "de la variole du singe", indiquent sans plus de précision les autorités, citées par l'AFP. Des études sont en cours pour disposer de plus d'informations sur ces deux cas espagnols, notamment concernant la responsabilité du virus dans leur décès. Elles sont d'autant plus urgentes qu'au Brésil, un mort a également été annoncé, mais cet homme de 41 ans était également suivi "pour d'autres affections cliniques graves".

Monkeypox et cancer

Le patient suivait également un traitement contre le cancer, a indiqué le secrétaire à la Santé de Minas Gerais, Fábio Baccheretti. "Il est important de souligner qu'il avait des comorbidités graves, pour ne pas susciter de panique dans la population. La mortalité demeure très basse", a-t-il souligné. Ces trois décès s'ajoutent aux cinq premiers signalés en Afrique.

Mais alors que l'Europe concentre 70% des cas enregistrés, l'OMS reste catégorique. Il faut "interrompre rapidement la transmission du virus en Europe et mettre un coup d'arrêt à cette épidémie", a plaidé Catherine Smallwood, responsable des situations d'urgence de l'organisation, qui s'attend à d'autres décès. La plupart du temps, cette maladie guérit d'elle-même après plusieurs semaines. Mais des cas de complications ont été également répertoriés, a rappelé l'OMS qui a déclenché son plus haut niveau d'alerte, l'urgence de santé publique de portée internationale.

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Un vaccin existe contre le virus responsable de la variole du singe, mais son déploiement patine. En France, 32.486 doses étaient disponibles le 27 juillet. Trouver un rendez-vous pour se faire vacciner reste difficile. Ainsi, à Paris, pourtant la ville la plus touchée par l'épidémie, aucun créneau de vaccination n'est disponible sur la plateforme Doctolib alors que nous écrivons ces lignes.