Si les cultissimes Paris Is Burning ou Pose ont popularisé la ballroom new-yorkaise, c'est en France que nous amène la série documentaire Ballroom, danser pour exister. À découvrir en streaming sur la plateforme france.tv.
En cinq épisodes de 30 minutes, disponibles sur la plateforme france.tv dès ce mercredi 30 juillet, la série documentaire Ballroom, danser pour exister, signée Elina Gakou-Gomba, Amandine Gay et Nasser Sari, met en lumière la culture ballroom à travers la House of Revlon. Emblématique de la scène française, et portée par son "father" Vinii Revlon, sa "mother" Keiona (gagnante de la saison 2 de Drag Race France) ou encore par la légendaire Giselle Palmer, la "maison" parisienne a même réussi à se hisser à la troisième place du podium lors de la troisième saison du concours télé américain de voguing Legendary.
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Si vous n'êtes pas encore à l'aise avec l'univers très codifié de la ballroom, pas de panique ! "Father" Vinii et "mother" Keiona nous prennent par la main pour expliquer les règles de la compétition. Chaque "house" désigne parmi ses membres qui va danser ou défiler dans une catégorie spécifique, comme "Vogue" – qui s’inspire des poses de magazine des mannequins – ou "Realness", qui récompense la capacité à se fondre dans la société hétéronormée. En immersion dans les coulisses de la House de Vinii Revlon, Ballroom danser pour exister ouvre la porte d'une "vie de famille" singulière. Coaching musclé des "kids" en vue des compétitions, balls et battles féroces aux quatre coins de la France, moments d'intimité et de partage entre ses membres, ou encore désaccords internes et doutes, la House of Revlon se dévoile sous toutes ses facettes.
La House, une famille choisie
Derrière les chorégraphies impressionnantes et les outfits flamboyants, la ballroom est une culture, héritière des combats des communautés queers et afro-américaines des années 1970. La série revient sur la dimension historique et politique du voguing, dont les différentes catégories ont été créées pour pallier le manque de représentation des corps queers et racisés. La House of Revlon est consciente de cet héritage, abordé dans un des épisodes où tous les chapitres (succursales étrangères) de la House se réunissent autour de Tony Revlon, un des fondateurs historiques de la maison en 1989. "Dans le ballroom, on célèbre énormément les anciens, parce qu'ils ont traversé des époques, des choses encore plus dures que nous, ils nous ont ouvert les portes", souligne Keiona.
Et des portes, la House of Revlon continue d'en ouvrir de nouvelles. Un des épisodes de la série est consacré au ball olympique auquel a pris part la House de Vinii lors des Jeux de Paris 2024. Un événement historique, devant trois fois 16.000 personnes, qui revêt une dimension politique : "Tout ce qu'on fait, ce n'est pas pour se montrer, c'est parce qu'on a des choses à dire", explique Mariana Benenge, membre de la House.
Si la House of Revlon entraîne dur ses "kids" pour briller dans la compétition, elle est, en dehors des balls, une famille de substitution pour ces jeunes queers et racisé·es. Au fil des épisodes du documentaire, le rôle de soutien et d'accompagnement des "fathers" ou "godmothers" se révèle. Leur titre dépasse largement la fonction hiérarchique. Iels sont là pour épauler leurs "kids", non seulement avant de monter sur scène, mais aussi que lorsqu'ils affrontent des difficultés backstage – qu'il s'agisse de santé mentale, de leur parcours d'affirmation de genre ou encore de leurs relations avec leur famille biologique. Pour ces jeunes souvent marginalisé·es en raison de leur genre et/ou de leur orientation sexuelle, la House permet de créer de vrais liens et de s'apporter un soutien mutuel. "Avant d'être bien sur le floor et de se trouver un personnage, il faut être bien soi-même", insiste Vinii. En nous montrant les parcours de ses membres, leurs doutes sur leur place au sein de la House et leurs réussites, la série documentaire apporte une visibilité inédite à des artistes passionné·es et authentiques.
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Crédit photo : France Télévisions