documentaire"IELS" de Klément Huko : l’art de briller dans le chaos

Par Tessa Lanney le 22/09/2025
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Le court-métrage IELS de Klément Huko, présenté en avant-première le jeudi 25 septembre à Paris, suit Drag Couenne et Miroslav Toi Les Mains. Les deux artistes drag y explorent leur rapport au genre, à la vulnérabilité et à la joie comme résistance.

Comment filmer la puissance d’une parole queer ? Avec IELS, court-métrage de 13 minutes signé Klément Huko, la réponse tient en une frontalité brutale et lumineuse : deux visages, deux corps, deux existences. D’un côté, Drag Couenne, alias Adri De Biasi, queen belge radicale et explosive. De l’autre, Miroslav Toi Les Mains, king français incarné par Olga·Auguste Loup Volfson. Les deux artistes drag, tous deux non-binaires, se livrent à la caméra comme on confesse une vérité intime : sans détours, sans fard – ou plutôt avec ce fard qui dit plus qu’il ne cache. Un documentaire présenté en avant-première jeudi 25 septembre 2025 à 19 h 30 au Luminor Hôtel de Ville de Paris.

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La mise en scène rappelle autant Bergman que Dreyer : noir et blanc éclatant, regards plantés dans l’objectif, lumière crue qui sculpte les visages jusqu’à l’os. Le dispositif évoque aussi les Screen Tests de Warhol : ces portraits suspendus où le corps, isolé, devient déclaration politique. Mais ici, l’esthétique n’est pas une fin. Elle ouvre sur un récit vibrant : celui du drag comme refuge, comme exagération de soi, comme espace vulnérable. "Je pense que ça m’a sauvé la vie", confie Olga·Auguste, qui raconte son enfance, sa découverte du monde du drag et cette transition vécue comme une traversée plus douce que prévu.

Faire des remous avec joie

Au fil du film, les deux drags tissent une réflexion sur le genre comme construction mouvante, un terrain de jeu et de lutte qui échappe à la binarité. Olga·Auguste assume un corps gros, visible, non conforme, qu’iel revendique comme politique en lui-même : "C’est bousculer l’ordre en place, faire des remous." Drag Couenne, de son côté, oppose à la violence des micro-agressions la « fabulosité » de son art. Un choix qui n’est pas seulement esthétique, mais vital.

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Et la joie, toujours. Miroslav Toi Les Mains rappelle que la libération collective ne peut se passer d’elle : "S’autoriser à rêver, c’est avoir de l’espoir. La finalité de la libération collective, c’est la joie." Dans un climat politique saturé de haine, leurs mots résonnent comme un manifeste queer : flamboyant, vulnérable, indocile. "Le chaos dans toute sa beauté naturelle", résume Olga·Auguste. Ce chaos, IELS le filme sans filtre, pour ce qu’il est : une résistance.

Rendez-vous le 25 septembre

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L'avant-première au Luminor sera suivie d’un making-of et d’un talk animé par le collectif PRISME, en présence du réalisateur. La soirée se conclura par un drag show exclusif réunissant Drag Couenne, Miroslav Toi Les Mains et Gemini K, le drag persona de Klément Huko. Un programme qui confirme que IELS n’a pas seulement vocation à être un film, mais une immersion onirique et politique sur le drag comme art de vivre, de lutter et de rêver ensemble.

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documentaire | drag | culture | non-binarité | cinéma

Crédit photo : illustration de Nicolas Nivesse