cinéma"Love Me Tender", une émancipation lesbienne

Par Florian Ques le 09/12/2025
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Adapté du roman éponyme de Constance Debré, Love Me Tender, au cinéma ce mercredi 10 décembre, offre un récit aussi bouleversant que lumineux où le lesbianisme apparaît comme une bouée de sauvetage. Un de nos coups de cœur cinéma de l'année.

Après un dîner estival, Clémence confie à son ex-mari ses relations avec d’autres femmes. Les jours qui suivent, celui-ci entame une procédure juridique afin lui retirer la garde de leur enfant. Adaptation du roman autofictionnel de Constance Debré, Love Me Tender explore le tiraillement d’une femme entre sa volonté évidente de ne pas être coupée de son enfant et son désir légitime d’explorer librement sa sexualité. "Je ne sais pas à quel point l’ex-mari est homophobe, mais il utilise en tout cas contre elle des leviers qui le sont, explique la réalisatrice du film, Anna Cazenave Cambet. Il pointe alors tout ce qu’il juge déviant chez elle : son homosexualité, ses lectures, le milieu queer dans lequel elle évolue…"

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Sublimé par une Vicky Krieps (Phantom Thread, Plus que jamais) incandescente, le personnage de Clémence est une femme qui revendique de faire exister ses identités plurielles d’artiste, de mère et de lesbienne sans s’en excuser. "J’avais envie de montrer ce mélange de force, de pudeur, de fragilité", reprend la réalisatrice, qui a pris plaisir à brosser "une héroïne un peu trouble" qui tranche avec les représentations maternelles habituelles. Un personnage qui emprunte tant aux expériences de Constance Debré qu’aux siennes : "Il me semblait que l’identité de mère était toujours présentée comme unique et suffisante. Quand je suis moi-même devenue maman, j’ai trouvé ça étouffant, car j’ai d’autres identités : je suis une artiste, je suis une personne queer… Et je n’ai pas à choisir entre ces différentes facettes !"

Face aux pressions vécues par Clémence, et face à une machine judiciaire absurde, le lesbianisme fonctionne comme une libération, épanouissante et tumultueuse. En compagnie d’autres femmes, Clémence revit, sourit, respire, vibre. S’il séduit par la complexité de son héroïne, le film convainc aussi par la grâce de ses scènes de sexe, dont l’une n’hésite pas à montrer un gode-ceinture.

"Pour passer certains caps de financement, on s’est demandé dans quelle mesure on pouvait laisser ça dans le scénario, admet Anna Cazenave Cambet. Mais je tenais à cette image parce qu’elle associe de la douceur à un objet qui est souvent rattaché à quelque chose de plutôt hardcore. C’est une partie de la sexualité lesbienne que j’avais envie de montrer." Et si on terminait 2025 sur l’un des meilleurs films de l’année ?

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Crédit photo : Tandem

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