séries"The Beauty", de Ryan Murphy : un message trans-positif derrière le vernis fantastique

Par Florian Ques le 13/02/2026
"The Beauty", la nouvelle série de Ryan Murphy sur Disney+.

The Beauty, la nouvelle série de Ryan Murphy, explore un monde dans lequel une IST donne aux gens la beauté puis la mort. Entre body horror et dystopie, la série nous offre une fulgurance queer dans le sixième épisode.

Toujours allergique au concept même de vacances, Ryan Murphy est déjà de retour, à peine quelques mois après la diffusion de son All's Fair qui n'avait pas trouvé son public. Cette fois-ci, pas de Kim Kardashian s'essayant douloureusement au métier d'actrice mais quelque chose de presque aussi effrayant : The Beauty, une série de genre où une infection sexuellement transmissible (IST) transforme quiconque la contracte en bombe sexuelle… avant de causer une mort prématurée dans une explosion de chair et de sang.

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Adaptation de comics éponymes édités chez Glénat et à découvrir en streaming sur Disney+, la série est co-créée par Ryan Murphy et Matthew Hodgson, qui avaient travaillé la première fois ensemble au début des années 2000 sur Nip/Tuck, qui traitait des dérives de la chirurgie esthétique. Sous un vernis de science-fiction, The Beauty convoque des enjeux similaires : la peur de vieillir, la quête perpétuelle de perfection, le besoin d'être désirable dans une société aux standards de beauté étriqués. Pour traiter ces thèmes, Ryan Murphy fait du Ryan Murphy, oscillant entre premier degré et grand guignol, offrant aux amateurs du genre des scènes de body horror particulièrement exquises.

Un épisode trans-positif

La série trouve davantage de profondeur lorsqu’elle délaisse temporairement les investigations de son duo d’enquêteurs protagoniste qui tente de percer le mystère de la maladie. En particulier dans le sixième épisode de la saison, mis en ligne ce jeudi 12 février. Ce chapitre préquel revient sur les origines de l’IST : causée par un virus fabriqué en laboratoire, elle n’aurait pas dû se propager. Mais lorsqu’un salarié découvre que le virus permet d’optimiser considérablement son physique, il en dérobe deux doses. L'une pour lui, dans le but de de mettre fin à un célibat subi, l’autre pour une amie : Clara, une femme transgenre.

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"Et si ça foire ?, s’inquiète d'abord le personnage, joué par l’actrice trans Rev Yolanda. Et si ça me transforme en mec ? Mes hormones s'emballent. Les œstrogènes et la testostérone se foutent sur la gueule. Je ne sais plus ce qui se passe en moi. Mais je m'en fiche. Je dois essayer…" Car, raisonne-t-elle, "si je suis la femme que je sais que je suis, c'est ce que je vais devenir. Pour une fois dans ma vie, si on m'offre une chance d'être vue de l'extérieur telle que je me sens à l'intérieur, je dois la saisir."

Au terme d’un processus de métamorphose laborieux qui évoque forcément The Substance, la nouvelle enveloppe corporelle de Clara est en effet celle d’une femme cisgenre, incarnée par Lux Pascal, la sœur trans de Pedro Pascal. Révélation : le virus n’offre pas une simple amélioration esthétique, mais permet de devenir physiquement qui l’on est vraiment. À travers cette intrigue, The Beauty délivre un message trans-positif pas inutile : la transition de genre est d’abord un chemin pour se rencontrer soi.

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Crédit photos : FX / Disney+