À peine sorti de l'hôpital, Pierre Picavet, président de Flag, l'association LGBT des personnels de la police, décrit l'agression homophobe dont il a été victime dans la nuit de vendredi à samedi à Paris.
"Je viens d'apprendre que je dois me faire opérer dans les prochains jours, car j'ai une fracture de l'orbite de l'œil gauche." Au téléphone, Pierre Picavet a la voix encore chargée d'émotion quand nous le joignons ce lundi à sa sortie d'hôpital. Samedi 29 août vers 4h du matin, le policier, par ailleurs président de l'association LGBT Flag, a été agressé à la sortie d'un bar dans le quartier du Marais, à Paris. Sévèrement blessé (hémorragie interne, crâne ouvert...), il a reçu un constat médical de 40 jours d'interruption totale de travail (ITT). Son agresseur présumé, né en 2006 et vivant à Saint-Denis, a été interpellé la nuit des faits. N'ayant pas de casier judiciaire, il a été placé sous contrôle judiciaire.
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Cette nuit-là, Pierre Picavet est en civil quand il sort du Krash, un bar de cruising gay, quand il croise son assaillant. "Dans un premier temps, il n'était pas agressif mais j'ai vite vu de la haine dans ses yeux, raconte le militant de Flag. J'ai compris que j'allais être agressé quand il a crié 'je vais te tuer sale pédé'." Pour tenter de le dissuader, le policier sort son badge. “Je lui ai dit que j'étais flic et de ne pas m'emmerder.” En vain.
Pas de comparution immédiate
Alcoolisé, l'homme lui lance une bouteille de whisky en pleine tête, lui ouvrant le crâne, avant de lui bloquer les bras et les jambes pour s'emparer de son téléphone portable. "Le seul moyen de défense que j'avais, c'était de le mordre à la joue. Je perds l'équilibre et je tombe”, retrace la victime. Au sol, le policier reçoit plusieurs coups de pied au visage, accompagnés d'insultes homophobes. Il doit son salut à un passant, qui lui porte secours avant de suivre son assaillant : "Sans cet homme, qui est véritablement un héros, je pense que j'aurais été tué."
Initialement, le suspect arrêté devait passer ce lundi en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire de Paris. Son avocat, Me Etienne Deshoulières, a obtenu qu'un juge d'instruction soit saisi. Les faits lui paraissent susceptibles d'un renvoi en cour d'assises, nous explique-t-il : "Au regard de la situation, nous estimons que la qualification criminelle doit être sérieusement instruite, et pas simplement retenue en violences correctionnelle." Le parquet de Paris a confirmé l'ouverture d'une enquête pour "violence suivie d'incapacité supérieure à huit jours commise en raison de l'orientation sexuelle de la victime".
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Crédit photo : capture d'écran Instagram / Flag