interview"Un appel à la danse et à l'euphorie" : Bilal Hassani sort "Bonsoir Paris"

Par Florian Ques le 15/09/2026
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Avec Bonsoir Paris, Bilal Hassani hisse sa salutation signature en titre d'un nouvel album pop calibré pour les clubs, son espace de jeu préféré. Rencontre.

Bilal Hassani aura bien rempli sa mission cet été : nous faire danser. D’abord avec "Beaucoup", morceau acidulé et impertinent qui s’est fait entendre dans Drag Race France, puis avec l’entêtant "Capitale", ego trip sans chichis dans d’une star des nuits parisiennes. Justement baptisé "PopStar", son dernier single, en collaboration avec Kalika, se révèle tout aussi délicieux. Tous figurent sur Bonsoir Paris, son quatrième album, dont le titre fait référence à l’accroche signature de ses vidéos YouTube, où il a fait ses débuts. Avec ce disque, l’artiste âgé de 26 ans rend à son tour, comme une certaine Arlo Parks, hommage au club comme refuge.

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Tu as toujours fait de la pop mais là, tu t’es surpassé : c’est ton album le plus pop !

Bilal Hassani : Quand je suis arrivé en 2019 avec mon premier album, Kingdom, j’essayais de correspondre à ce que demandait l’industrie musicale francophone, avec des sonorités très variété. Puis j’ai entamé une rupture avec Contre soirée, mais de manière encore timide. Théorème, plus cérébral, a été la première fois où j’ai osé un virage plus dance grâce à Yelle. Avec Bonsoir Paris, ma mission initiale a été la quête de groove. J’ai voulu honorer des albums de pop française qui m’ont marqué comme Caméléon, de Shy’m, ou Monkey Me, de Mylène Farmer.

Bonsoir Paris offre une pop décomplexée, presque tapageuse...

Je sors d’un projet, L’Affreuse, très politique, avec des textes que je voulais qu’on entende. C’est d’ailleurs pour ça que je l’ai fait en piano-voix. Là, j’ai fait l’inverse. La pop est un bon terrain de jeu pour dire des choses très simples avec des sonorités plus complexes qu’il n’y paraît. C’est dommage que ce soit un genre musical pris de haut.

Le nom de l’album, c’est pour rappeler cette légèreté des débuts ?

C’était un shoot de dopamine de dire "Bonsoir Paris" au début de mes vidéos YouTube. Donc je m’étais toujours dit que si un album devait s’appeler comme ça, il fallait que ce soit un projet qui répande une joie maximale. Ce disque est un appel à la danse et à leuphorie.

Tu as toujours été dans la fête ?

À 18 ans, je suis allé à ma première "Bitch Party" au Gibus à Paris. C’est la première fois que je voyais autant de gens comme moi, j’avais plein d’étoiles dans les yeux et j’y suis resté jusqu'à la fermeture. Le club est pour moi un terrain d’expression, surtout quand je danse ! Quand j’ai créé l’album, la règle primordiale était de danser et de faire danser sur chaque titre. La rythmique devait primer sur tout le reste.

En parlant de la Bitch Party, j’ai cru comprendre que tu en étais un habitué !

C’est chez moi ! Mon rêve serait d’être un jour davantage impliqué dans l’organisation de cette soirée. Grâce à la Bitch Party, le club est devenu un refuge pour moi. Mais il y a aussi d’autres soirées marquantes : la Jeudi OK, celles qui étaient organisées à La Flèche d’or [aujourd'hui fermée, ndlr.].… Les lieux queers tombent comme des mouches, Il faut préserver ces événements !

Sur "Plus fort", tu évoques aussi l’envers sombre de la fête.

Pour les jeunes queers qui découvrent ce milieu, la fête peut devenir une fosse aux lions car il y a beaucoup d’excès et de drogues… Le danger est là et il faut être vigilant. Je pense notamment au chemsex, puisque la première consommation arrive parfois dans ce contexte. Pour autant, je ne veux pas stigmatiser ceux qui touchent aux chems. Quand je peux, j’essaie d’en parler car c'est un sujet assez sensible pour moi.

Peut-on faire plus grande fête que Bercy, où tu as performé pour clore les vlogs d’août de ton amie Léna Situations ?

C’est une des plus grosses teufs que j’ai pu faire ! J’ai trouvé que le show concocté par Léna était incroyable car ce n'est pas évident de traduire la culture internet sur scène. Pour beaucoup, grâce à ses vlogs d'août, on est devenu des personnages, comme dans Friends.

Quest-ce que tu as pensé de la polémique au sujet de Gisèle Journo, que Léna a désavouée publiquement mais sans un mot dexplication après des tweets de la députée Rima Hassan appelant à son boycott ?

J’aime bien l’idée de garder les choses dans le privé quand elles ont une force aussi importante. Ce sont des personnes qui existent et qui ne sont habituellement pas aussi exposées, donc je préfère protéger ça au maximum.

Pour revenir à la fête… que fais-tu quand le club est fermé ?

Je fais beaucoup de sport, je traîne avec mes copains, je m’occupe de mon chien… Une vie assez banale en vérité ! On fait des trucs extraordinaires l’été pendant les vlogs mais le reste de l’année, on se met en pilou-pilou sur le canapé et on mate des films. J’adore ça.

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Crédit photo : Théo-Paul Dufour