artArt Basel Paris côté queer

Par Thibault Bissirier le 16/10/2026
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Du 23 au 25 octobre, dans l’écrin du Grand Palais, Art Basel réunit plus de 200 galeries venues du monde entier. Son nouveau directeur, Karim Crippa, nous ouvre les portes de cette édition.

Art Basel Paris est une grand-messe du marché de l’art contemporain, certes, mais nul besoin d’être un riche collectionneur pour y trouver son compte. Les simples curieux peuvent laisser le chéquier à la maison. à la tête de cette cinquième édition, Karim Crippa défend une foire capable de conjuguer marché, découverte et célébration.

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"Mon parcours ressemble plus à un slalom qu’à une ligne droite", s’amuse le jeune directeur de 34 ans, qui connaît bien la maison. Il y travaille depuis huit ans, d’abord comme rédacteur puis à la communication. Né en Suisse comme l’événement, fondé à Bâle en 1970, Karim Crippa grandit à Lausanne, loin des galeries et du marché de l’art. Nageur de compétition jusqu’à ses 16 ans, il s’inscrit ensuite aux Beaux-Arts de Vienne, en Autriche voisine, avant de comprendre que la pratique artistique n’est pas faite pour lui. Il passe alors de l’autre côté, travaille à Vienne, Munich puis Berlin, avant de rejoindre Art Basel. Entre-temps, la foire s’est exportée à travers le monde. Elle arrive à Paris en 2022, succédant à la Foire internationale d’art contemporain (Fiac).

Dans la nef lumineuse du Grand Palais, emblème des beaux-arts du Paris de 1900, Art Basel déploie trois secteurs : "Galeries", consacré aux enseignes établies ; "Emergence", tourné vers les jeunes galeries et artistes en début de carrière ; et "Premise", propre à la capitale française, qui privilégie des propositions plus singulières et des redécouvertes historiques. Des installations sont également visibles gratuitement dans différents lieux de la capitale, comme sur la place Vendôme (Ier arrondissement) ou au palais d’Iéna (XVIe).

Artistes queers

Dans les allées d’Art Basel Paris, difficile pour Karim Crippa de désigner ses favoris. "La beauté d’une foire comme celle-ci, c’est qu’on n’a pas à choisir entre la qualité et la quantité. Il y a beaucoup d’excellentes choses !" Lorsqu’on l’interroge sur les artistes qui ont façonné son regard, plusieurs figures queers lui viennent à l’esprit : Marie Laurencin, qu’il trouve "fascinante et mystérieuse" ; Beauford Delaney, "qui a fui les États-Unis pour s’installer à Paris où il a développé une pratique solaire" ; ou encore Louis Fratino, connu pour son travail sur l’intimité et le désir homosexuel, et "dont la peinture a une forme d’évidence qui séduit profondément".

Des artistes qu’il refuse de cantonner à leur identité queer. "C’est leur capacité à parler de sujets essentiels qui touche bien au-delà de leurs seules communautés, fait-il valoir. Certains déplacent des foules extraordinaires lors de leurs expositions." Parmi les centaines d’œuvres présentées cette année, nous en avons retenu sept qui racontent, chacune à leur manière, des histoires, des corps et des sensibilités queers.

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Crédits : Drake Carr / Mariposa Gallery. Photo Phoebe dHeurle