L'association Fiertés citoyennes (FC), qui milite pour la défense des valeurs républicaines, universalistes et laïques, appelle à ne pas euphémiser le terreau islamiste de l'attentat anti-LGBT meurtrier qui a visé le 25 juillet la Pride de Berlin.
Berlin, 25 juillet 2026. Un fourgon fauche la foule du Christopher Street Day qui rassemblait des centaines de milliers de personnes près de la porte de Brandebourg, tuant une femme de 65 ans et provoquant des dizaines de blessés. Cette date restera gravée dans nos mémoires, lorsque la célébration de l’amour et de la liberté s’est brutalement achevée dans la peur et dans le sang.
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Une fois encore, nous voulons dire à nos frères et nos sœurs LGBT+ d’Allemagne et à leurs proches que nous pensons à elles et à eux, et que notre plein soutien leur est acquis pour traverser cette peine et cette douleur que nous partageons.
D’emblée, il nous faut nommer le mal : il s’agit d’un attentat islamiste et LGBTphobe, comme il y en a eu malheureusement tant d’autres. La haine contre les minorités sexuelles et de genre sur des fondements religieux n’est pas une découverte, et nous savons qu’elle est particulièrement vivace chez celles et ceux qui promeuvent un islam radical.
Nous ne pouvons pas fermer les yeux ni abuser d’euphémismes face à ce danger mortel, qui a fait, qui fait aujourd’hui et qui, sans un sursaut, fera demain encore des victimes, en France comme, plus encore, dans nombre de pays à majorité musulmane où les personnes LGBT+ comptent parmi les plus persécutées au monde.
Notre responsabilité est de regarder le mal en face. Trop d’entre nous refusent de le nommer par peur de la récupération, voire par lâcheté. La lutte contre l’homophobie et la transphobie qui se déchaînent sur des fondements religieux ne doit pas être un angle mort de nos combats, ni être abandonnée à celles et ceux qui les instrumentalisent au profit d’un agenda xénophobe. L’extrême droite ne se mobilise pour nos droits que lorsque la haine provient d’un musulman ou d’un immigré. Ne lui abandonnons pas le monopole du réel.
Ce combat, nous devons le mener avec détermination, en remobilisant toutes celles et tous ceux qui croient dans notre modèle républicain, dans la capacité de notre société à se séculariser et dans la dynamique émancipatrice de la France.
Notre plus grand atout, c’est la laïcité : le rempart qui, sans tiédeur aucune, interdit à toute norme religieuse de décréter qui nous avons le droit d’être et qui nous avons le droit d’aimer. La même laïcité qui protège autant la personne aimant librement que celle qui décide de quitter sa foi. C’est notre meilleure arme contre tous les obscurantismes, que l’on ait la foi ou non, LGBT+ ou pas.
Et aux musulmanes et aux musulmans, plus particulièrement, nous disons : n’ayez pas peur. Tenez-vous à nos côtés contre ce mal qui prétend parler en votre nom : nous le combattrons ensemble. Le silence est un poison ; seule notre solidarité envers toutes les personnes que la haine désigne, les personnes LGBT+, les communautés juive, chrétienne et musulmane, celles qui croient comme celles qui ne croient pas, jusqu’à celles qui ont quitté la foi, tiendra ce mal en échec. Nommer, ne rien céder, ne jamais détourner les yeux : c’est à ce prix que nous resterons libres.
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Crédit photo : Claire Série / Hans Lucas via AFP