En 1990, le premier attentat islamiste documenté contre un lieu LGBT frappait un bar gay de New York. Trente-six ans plus tard, la Pride de Berlin est à son tour ciblée. De l'islamisme au suprémacisme blanc, retour sur plus de trois décennies de terrorisme anti-LGBT.
Berlin, 2026 : la Pride attaquée par un islamiste
La Pride de Berlin s'achève par un attentat le 25 juillet 2026. Au parc de Tiergarten, où ont lieu les festivités d'après la marche des Fiertés, un véhicule fonce dans la foule avant que son conducteur, prenant la fuite, n'attaque des manifestants à l'arme blanche. Bilan : une femme tuée et 29 blessés. Rapidement identifié, Abdul Ballout, 21 ans, apparaît lié à la mouvance djihadiste. En 2025, il avait tenté de rejoindre l'État islamique (EI) en Syrie avant d'être arrêté au Liban puis renvoyé en Allemagne. Après 24 heures de traque, le terroriste est abattu par la police. Une vidéo d'allégeance à l'EI sera retrouvée dans son téléphone.
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Oslo, 2022 : un attentat islamiste à la veille de la Pride
Le 25 juin 2022, veille de Pride dans la capitale norvégienne, un homme ouvre le feu près du London Pub, le plus vieux bar gay du pays. Le bilan s'élève à deux morts et 21 blessés. L'auteur de l'attaque, arrêté sur place, est Zaniar Matapour, un Norvégien de 42 ans d'origine iranienne. Quelques jours avant l'attentat, le terroriste avait publié sur Facebook l'image d'un drapeau arc-en-ciel en flammes, accompagnée d'un appel au meurtre des personnes LGBT. Avant son passage à l'acte, il envoie à un ami un enregistrement audio d'allégeance au groupe djihadiste État islamique (EI). "L'objectif était à la fois de tuer autant d'homosexuels que possible et d'instiller un sentiment de terreur parmi les homosexuels en général", conclut, lors de son procès en 2024, le tribunal d'Oslo qui le condamne à la peine maximale : 30 ans de prison, extensibles indéfiniment.
Bratislava, 2022 : un bar gay ciblé par un suprémaciste blanc
Le 12 octobre 2022, au cœur de la capitale slovaque, un homme abat deux clients du bar gay Tepláreň. Le tireur est Juraj Krajcik, 19 ans, fils d'un membre éminent du parti d'extrême droite Vlast. La police le retrouve suicidé le lendemain. Mêlant suprémacisme blanc et obsessions antisémites, son manifeste, publié en ligne avant l'attaque, affirme sa volonté d'en finir "avec la peste LGBT". Il revendique notamment l'influence de Brenton Tarrant, le suprémaciste blanc auteur de la tuerie de Christchurch qui avait fait 51 morts dans deux mosquées de Nouvelle-Zélande en 2019. Au lendemain de l'attentat, la présidente slovaque, Zuzana Caputova, présente ses excuses à la communauté LGBT : "Je suis désolée que notre société n'ait pas su protéger vos proches."
Colorado Springs, 2022 : le Club Q visé par la haine anti-LGBT
Le 19 novembre 2022, juste après un spectacle de drag queens, un homme ouvre le feu au Club Q, boîte de nuit LGBT de Colorado Springs, dans l'ouest des États-Unis. Plusieurs clients parviennent à neutraliser le tireur. Bilan : cinq morts et 18 blessés. Le tireur âgé de 22 ans, Anderson Lee Aldrich, présente un parcours chaotique marqué notamment par la violence d'un père qui, apprenant la tuerie, déclarera : "J'ai découvert qu'il s'agissait d'une boîte gay. J'ai eu peur, je me suis dit ‘merde, il est gay ?’ Mais il ne l'est pas. Ouf !". Après avoir nié le motif homophobe de son attaque devant la justice californienne, le terroriste finit par le reconnaître devant la justice fédérale. Il est condamné à la perpétuité.
Carcassonne, 2018 : le premier attentat djihadiste homophobe en France
Le 23 mars 2018, Radouane Lakdim se fait connaître par la prise d'otages du supermarché de Trèbes, dans l'Aude (Occitanie), qui s'achève par le sacrifice héroïque du gendarme Arnaud Beltrame. Mais le parcours meurtrier du terroriste, qui fait 4 morts ce jour-là, a commencé quelques heures plus tôt sur le parking des Aigles, à Carcassonne, un lieu de cruising connu de la communauté gay. Là, il abat un homme de 61 ans et tire une balle dans la tête d'un autre, Renato Gomes de Sousa, qui survit miraculeusement. Une fois retranché dans le super U de Trèbes, Lakdim revendique ses premières victimes : "J'ai allumé deux pédés là-haut… Je leur ai mis deux balles dans la tête, sans pitié." Il est abattu par le GIGN. Le procès de ses complices confirmera en 2024 le caractère homophobe de cette première attaque, considérée comme la première action djihadiste anti-gay commise en France.
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Orlando, 2016 : l'attentat anti-LGBT le plus meurtrier de l'histoire
Dans la nuit du 11 au 12 juin 2016, Omar Mateen, 29 ans, ouvre le feu au Pulse, une boîte de nuit gay d'Orlando, en Floride, où quelque 350 personnes sont réunies. Le terroriste prend plusieurs clients en otage dans les toilettes et échange des tirs avec les forces de l'ordre avant d'être abattu au petit matin. Bilan : 49 morts et 53 blessés, ce qui en fait alors la fusillade la plus meurtrière de l'histoire américaine. Pendant l'attaque, Omar Mateen prête allégeance à l'État islamique (EI). Depuis la Maison-Blanche, Barack Obama dénonce "un acte de terreur et un acte de haine". Donald Trump, alors candidat à sa succession, choisit un autre registre : "J'apprécie les félicitations pour avoir eu raison sur le terrorisme islamique radical", écrit-il sur Twitter.
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Jérusalem, 2005 et 2015 : deux Prides ciblées par un ultra-orthodoxe
Le 30 juin 2005 en Israël, lors de la quatrième marche des Fiertés de Jérusalem, Yishai Schlissel, un Juif ultra-orthodoxe de 29 ans, poignarde trois manifestants. Interrogé, il revendique son geste "au nom de Dieu" et affirme : "Nous ne pouvons pas avoir une telle abomination dans le pays." Condamné à dix ans de prison, il récidive quelques semaines seulement après sa libération. Le 30 juillet 2015, armé d'un couteau, il attaque une nouvelle fois la Pride de Jérusalem et blesse six participants. Parmi eux, Shira Banki, 16 ans, venue défiler avec des amis, succombe quelques jours plus tard à ses blessures. Yishai Schlissel est cette fois condamné à la prison à perpétuité.
Londres, 1999 : un bar gay ciblé par un néonazi
En avril 1999, David Copeland, un terroriste néonazi de 22 ans, mène pendant trois semaines une campagne d'attentats à la bombe visant les minorités de Londres. Après les quartiers de Brixton et Brick Lane, où il s'en prend aux communautés noire puis bangladaise, il frappe le 30 avril l'Admiral Duncan, un bar gay de Soho. Sa bombe, chargée de clous, tue trois personnes et en blesse 79. Ancien membre d'un groupuscule néonazi, Copeland explique en garde à vue avoir voulu "répandre la peur, le ressentiment et la haine pour déclencher une guerre raciale". Dans sa chambre, les enquêteurs retrouvent un drapeau nazi et des coupures de presse consacrées à ses propres attentats. Reconnu coupable de trois meurtres, il est condamné à six peines de prison à perpétuité.
Atlanta, 1997 : un bar lesbien ciblé par un extrémiste chrétien
Le 21 février 1997, l'Otherside Lounge, un bar lesbien d'Atlanta, la capitale de Géorgie dans le sud des États-Unis, est la cible d'un attentat à la bombe. Alors qu'une centaine de personnes se trouvent dans l'établissement, un engin artisanal dissimulé à l'extérieur explose, projetant clous et débris dans la foule et faisant cinq blessés. Une seconde bombe retrouvée à proximité est désamorcée. L'attaque est attribuée à Eric Rudolph, militant d'extrême droite chrétien fondamentaliste déjà responsable de l'attentat du parc olympique d'Atlanta en 1996 et d'attaques contre des cliniques pratiquant l'avortement. Arrêté en 2003 après plusieurs années de cavale, il reconnaît les faits et revendique explicitement avoir ciblé le bar lesbien pour envoyer "un message puissant en protestation contre la tolérance et le soutien de Washington à l'agenda politique homosexuel".
New York, 1990 : le premier attentat anti-LGBT était islamiste
Dans la nuit du 28 avril 1990, une bombe artisanale explose dans l'Uncle Charlie's, un bar gay de Greenwich Village, à New York, faisant trois blessés. L'attentat reste non élucidé pendant cinq ans. En 1995, lors du procès d'une cellule djihadiste qui projetait de frapper plusieurs monuments new-yorkais, les enquêteurs attribuent l'attaque à El Sayyid Nosair. Selon l'accusation, celui-ci avait choisi l'établissement "pour protester contre l'homosexualité pour des motifs religieux". Déjà condamné pour l'assassinat du rabbin Meir Kahane en 1990, Nosair est reconnu coupable de complot terroriste et condamné à la prison à perpétuité. L'attentat contre l'Uncle Charlie's est considéré comme le premier attentat islamiste documenté contre un lieu LGBT.
Crédit photo : Christoph Soeder / DPA via AFP