tribuneFrance, ne tourne pas le dos aux communautés LGBTQI dans le monde !

Par contribution le 15/05/2026

Pour le dernier 17 mai avant 2027, et tandis que le Sénégal s'enfonce dans une traque générale ciblant les personnes queers, plusieurs associations LGBTQI, féministes et de droits humains appellent l'État français à renforcer notre solidarité avec les communautés LGBT+ dans le monde.

À l’occasion de la Journée internationale contre l'homophobie, la biphobie, l’intersexphobie, la transphobie, et l’acephobie, et un an avant l'élection présidentielle de 2027, nous, membres de la société civile française et issu·es de pays divers ayant choisi la France comme pays d’adoption, souhaitons que la France réaffirme son rôle assumé de défenseur des libertés et droits fondamentaux en renforçant sa solidarité envers les communautés LGBTQI dans le monde entier.

Face à la montée des mouvements anti-droits et anti-genre, soutenue par l'administration Trump II, la France doit intensifier ses efforts. L’enjeu est grave pour les minorités sexuelles, de genre et de sexe : durcissement de la criminalisation au Sénégal, répression violente par des forces antidémocratiques au Burkina Faso, multiplication des attaques organisées au Bangladesh, censure de la liberté d’expression en Hongrie, et régression des acquis durement obtenus en Inde, pour n'en citer que quelques-uns.

Ce n'est pas le moment de reculer ou de se retirer. La France doit tenir sa promesse historique, celle d’instituer un ordre dans lequel "le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme".

Nous appelons donc la France à :

Accroître l’aide publique au développement : La France a sa part de responsabilité dans la crise existentielle que traversent les associations LGBTQI dans le monde aujourd’hui. La baisse de l'aide publique au développement, observée depuis trois ans, affecte le financement de la société civile et met en péril des programmes qui soutiennent directement et de manière déterminante le mode de vie de nombreuses personnes. Nous demandons à la France de mettre fin à ces baisses d’une part, et d’autre part d’augmenter le financement alloué aux droits humains, à l'égalité de genre, et à la lutte contre le VIH/sida, en particulier pour les groupes LGBTQI en Afrique francophone, qui figurent parmi les plus mal dotés en ressources au monde, ainsi que dans d'autres pays hostiles à la diversité sexuelle et de genre.

Réaffirmer une politique étrangère féministe et inclusive : Nous saluons la publication en novembre dernier par la France d’une nouvelle stratégie de diplomatie féministe qui réaffirme ses engagements en matière de l’égalité, y compris en ce qui concerne les droits des personnes LGBT+. Toutefois, au vu de l’aggravation et de la multiplication des attaques contre les communautés LGBTQI, nous demandons leur intégration systématique comme axe transversal dans l’ensemble de la politique étrangère de la France. Cela suppose d’accroître les financements dédiés à la Stratégie internationale pour une diplomatie féministe 2025-2030 et sa mise en oeuvre inclusive, ainsi que le renouvellement de la Stratégie internationale en matière de droits et de santé sexuels et reproductifs pour la période 2027-2031. Nous demandons notamment que soient explicitement reconnues dans cette Stratégie les attaques croissantes contre les droits des personnes trans et intersexes.

Renforcer la diplomatie arc-en-ciel française : Le soutien aux organisations de la société civile assure une action efficace et adaptée aux contextes locaux. Malgré la situation budgétaire présente, nous souhaitons que la France renforce les ressources allouées à l’Ambassadeur pour les droits des personnes LGBT+ et à l’action des ambassades de France en soutien aux militant·es LGBTQI du monde entier, à la hauteur de l'aggravation du contexte mondial. 

Combattre les reculs sur les normes internationales : Des normes qui faisaient consensus il y a encore deux ans sont désormais remises en cause en vue de détricoter les protections garanties par le droit international aux personnes LGBTQI. Nous comptons sur la France pour oeuvrer au maintien du langage relatif à la diversité, à l’intersectionnalité, à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans les résolutions de l’ONU face aux tentatives des États-Unis et d’autres États de redéfinir le "genre" et d'exclure les personnes LGBTQI.

Faire de la France un refuge pour tous.tes : La France, et notamment les communautés LGBTQI, doit renforcer son accueil des personnes LGBTQI menacées dans leur pays, en particulier les militant.·es LGBTQI qui sont de plus en plus en danger. Plus que jamais la France et l'Europe doivent rester terre d'asile.

Ce n'est pas par orgueil démesuré, ni par prétention à un rôle historique singulier. La solidarité internationale est un devoir moral, une forme de réparation des torts historiques, et une politique de bon sens pour défendre l’entente entre les peuples, la sécurité internationale et le multilatéralisme face à la montée de l'isolationnisme souverainiste et des menaces de guerres.

Un autre monde est possible, mais il est dans celui-ci : liberté, fraternité, sororité, égalité, solidarité internationale pour toustes !

Signataires :

  • Solidarité Internationale LGBTQI 
  • Inter-LGBT 
  • SOS homophobie 
  • STOP Homophobie
  • CONTACT France 
  • Association pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité 
  • Centre européen des Droits de l'Homme 
  • PASTT (Prévention Action Santé Travail pour les Transgenres) 
  • Bi’Cause 
  • Arc Essentiel 
  • D&J Arc-en-ciel 
  • Association Sportive Motocycliste de France 
  • Centre LGBTI+ Lyon 
  • Fierté Marseille Organisation 
  • Centre LGBTQIA+ BFC-Dijon 
  • La Gom' 53 - Centre LGBTQI+ de la Mayenne 
  • Afrique Arc-En-Ciel Paris IDF 
  • CAELIF (Collectif des associations étudiantes LGBT+ d'Ile-de-France)
  • Ça va (association pour les personnes LGBTQ+ des pays d'Europe orientale, Caucase et Asie centrale)
  • JusticeMakers Bangladesh in France 
  • China Rainbow Collective Foundation
  • Femme Battantes

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Crédit photo d'illustration : Anna Moneymaker, Getty Images via AFP