queericideÉtats-Unis : perpétuité pour le meurtre de Sam Nordquist, jeune trans torturé à mort

Par Nicolas Scheffer le 10/09/2026
Homme trans de 24 ans, Sam Nordquist a été torturé à mort.

Deux femmes ont été condamnées par la justice de l'État de New York à la prison à perpétuité pour avoir séquestré et torturé à mort Sam Nordquist, un homme trans de 24 ans. Une enquête fédérale est toujours en cours et pourrait exposer les deux meurtrières à la peine de mort.

"Je ne sais pas ce qu'il y a dans votre coeur pour être capable de telles atrocités, mais en plus, enrôler six autres personnes dont votre propre fils ?!" La juge Kristina Karle n'a pas eu de mots assez forts pour décrire l'horreur du sort infligé à Sam Nordquist, jeune homme trans de 24 ans, dont les restes ont été découverts en 2025 dans un champ de l'État de New York, aux États-Unis. Deux femmes ont été condamnées ce mardi 8 septembre à la prison à perpétuité pour l'avoir séquestré et torturé à mort pendant plusieurs semaines dans un motel.

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Les deux accusées, Precious Arzuaga et son ancienne compagne Jennifer Quijano, âgées respectivement de 40 et 32 ans, avaient plaidé coupable des charges retenues contre elles. Cinq autres personnes sont impliquées dans cette sordide affaire : deux ont également plaidé coupable et attendent le prononcé de leur peine, tandis que trois doivent être jugées en 2027, rapporte le New York Times.

Des semaines de sévices

En septembre 2024, Sam Nordquist quitte le Minnesota, dont il originaire, pour rejoindre l'État de New York où il rencontre Precious Arzuaga, avec laquelle il entretenait une relation en ligne via TikTok. Cette mère de trois enfants habite un motel social de la région des "Finger Lakes", proche du lac Ontario. N'ayant plus de nouvelles après quelques mois, la famille de la victime prévient les forces de l'ordre qui découvrent, le 12 février 2025, les restes du jeune homme dans un sac poubelle.

L'enquête établira que Sam Nordquist a été victime d'un "schéma profondément troublant de maltraitance" : frappé, agressé sexuellement, privé de nourriture et d'eau, contraint à vivre dans une cage pour chien, à boire son urine et à ingérer des matières fécales jusqu'à sa mort, datée au 2 février. Plusieurs personnes ont participé à ces sévices, dont l'un des trois enfants de Precious Arzuaga. Qualifiant l'affaire de "plus importante qu'un crime de haine", les procureurs n'ont toutefois pas retenu de circonstance aggravante liée à l'identité de genre ou à la couleur de peau de la victime, estimant ne pas disposer d'éléments suffisants pour l'établir.

"Sam m'aimait vraiment"

Au moment de prononcer les peines, la juge Karle a fait état de son incompréhension persistante face au mobile de ce crime. "Nous voulons tous savoir pourquoi quelqu'un d'aussi bon a été enlevé si tragiquement", a-t-elle formulé avant d'interroger Precious Arzuaga : "Était-ce parce qu'il était ce que vous n'êtes pas et ne serez jamais ? Est-ce que vous l'avez regardé et détesté chez lui cette gentillesse, cette compassion, cette empathie, cet espoir en lui ?" Les deux femmes n'ont pas expliqué davantage ce qui les avait conduites à infliger ces sévices à Sam Nordquist. "Ce que la famille a déclaré était vrai, a simplement reconnu Precious Arzuaga. Sam m'aimait vraiment, moi et mes enfants, et j'accepterai ma sanction."

Cette condamnation ne met d'ailleurs pas nécessairement fin aux poursuites contre les deux femmes. Une enquête fédérale les visant est toujours en cours. Si elle aboutit à un procès, elles pourraient encourir la peine de mort, abolie dans l'État de New York mais toujours prévue par le droit fédéral.

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Crédit photo : police de New York